Evacuation de centaines de migrants à la halle Pajol de Paris (PHOTOS)

Evacuation des migrants à la halle Pajol, dans le 18ème arrondissement de Paris Source: AFP
Evacuation des migrants à la halle Pajol, dans le 18ème arrondissement de Paris

A la halle Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris, un campement de plusieurs centaines de migrants, reconstitué après une première évacuation musclée l'année dernière, a commencé à être évacué dans le calme ce mercredi 29 juin au matin.

L'opération, menée par la préfecture de région, la préfecture de police, la ville de Paris, les associations Emmaüs et France Terre d'asile et l'Office français de l'intégration et de l'immigration (Ofii), a démarré peu avant 06h30.

Le campement, qui avait commencé à se recomposer à la mi-juin, comptait environ 500 occupants, selon une estimation de la préfecture de région mardi 28 juin.

Source: AFP

Les migrants, essentiellement soudanais, afghans et érythréens, ont ramassé leurs affaires dans leurs tentes et se sont pressés pour monter dans des bus et être emmenés vers 70 centres d'hébergement en Ile-de-France. A proximité, plusieurs dizaines d'autres migrants étaient massés derrière un cordon policier, espérant rejoindre la halle pour être emmenés vers un de ces centres d'hébergement.

Des campements régulièrement reconstitués

«Il y a une mobilisation extraordinaire de l'Etat et de la ville de Paris», a salué Bruno Morel, directeur général d'Emmaüs France. «Mais Paris ne peut pas tout concentrer sinon on va à l'explosion. Il faut qu'on arrive à une approche nationale» a-t-il ajouté. Le préfet de région Jean-François Carenco explique de son côté avoir «du mal à comprendre le niveau d'exigence des gens». «Beaucoup ont connu la guerre ou la dictature et ne veulent pas aller en province ou dans un centre d'hébergement en Ile-de-France», explique-t-il.

C'est la 25e opération de ce type depuis juin 2015, concernant au total plus de 11 300 personnes. Le 8 juin 2015, la halle Pajol avait été le théâtre d'une évacuation très critiquée, notamment par le Défenseur des droits Jacques Toubon, qui avait fermement dénoncé une opération menée «sans respect du cadre légal» et recommandé «que de telles interventions ne se renouvellent pas».

Depuis, les campements se sont régulièrement reconstitués dans ces quartiers proches de la gare du Nord, débouchant à chaque fois sur une opération de ce type. Depuis trois semaines, près de 1 900 personnes ont ainsi été évacuées des jardins d'Eole voisins, le 6 juin, et près de 400 de l'esplanade entre les stations de métro Stalingrad et La Chapelle, le 16 du même mois.

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