Le Qatar poursuit ses emplettes en France en prenant le contrôle de la maison de couture Balmain

Le président François Hollande accueille l'émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani en février dernier Source: Reuters
Le président François Hollande accueille l'émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani en février dernier

La maison de couture française Balmain est passée sous pavillon qatari, cédée à la société d'investissement Mayhoola. Après notamment le PSG et le Printemps, le Qatar continue ses achats en France.

La société Mayhoola est déjà propriétaire de la griffe italienne Valentino. L'annonce de ce rachat a été annoncée mardi 21 juin par la société de conseil dans l'opération, Bucéphale Finance, société spécialisée dans le conseil en matière de fusions-acquisitions mandatée en février par les héritières pour chercher un repreneur, sans dévoiler le montant de la cession du fleuron de la mode et du luxe à la française. «A l'issue de cette transaction, Mayhoola for Investments détiendra 100% du capital de Balmain», a-t-elle confirmé.

Une offre supérieure aux estimations attendues

L'entrée au capital de Mayhoola, véhicule d'investissement soutenu par l'émir du Qatar, «permettra à la marque d'accélérer son développement, notamment avec l'ouverture de nouvelles boutiques à l'international», ajoute Bucéphale dans un communiqué.

Le quotidien économique Les Echos affirme de son côté que le Qatar offre «485 millions d'euros» pour s'emparer de Balmain, détenu à 70% par les héritières de l'ancien PDG Alain Hivelin, mort en décembre 2014, et à 30% par la direction. L'offre émanant du Qatar est supérieure aux estimations attendues (300 à 400 millions d'euros).

«Avec le support financier du Qatar, Balmain, qui ne compte aujourd'hui que huit boutiques dans le monde, dont une à New York depuis avril, espère donc suivre la même trajectoire [que Valentino] grâce à son expansion au Moyen-Orient et aux Etats-Unis», expliquent Les Echos.

Une frénésie d'achat des entreprises qataris en France

Le Qatar n'en est pas à sa première acquisition dans l'hexagone. Le pays avait déjà fait une entrée fracassante sur le marché français à travers le fonds souverain Qatar Investment Authority notamment en prenant le contrôle du club de football du Paris Saint Germain en 2011 en achetant 70 % des parts du club. 

En avril 2013, le Qatar avait annoncé le rachat du célèbre magasin Printemps situé sur le boulevard Haussmann à Paris contre 1,6 milliards d'euros. Néanmoins, la transaction a été bloquée en mars 2014 par une décision de justice de la Cour d'appel de Paris, la jugeant «irrégulière».

Entretemps, le pays avait fait l'acquisition, entre autres, de l'Immeuble Virgin, situé 52, avenue des Champs-Elysées en 2012 pour 500 millions d'euros. L'immeuble du Figaro de 23 000 m², situé boulevard Haussmann, avait été acquis en 2012 pour 300 millions d'euros. En 2009, l'immeuble HSBC de 35 000 m², situé sur les Champs-Elysées, a été acheté 400 millions d'euros.

Le pays a également acquis plusieurs hôtels particuliers comme l'hôtel Lambert en août 2009, situé à la pointe de l'île Saint-Louis dans la capitale ainsi que des hôtels comme l'hôtel Hilton Paris Opéra ou celui du Louvre. Tous ces achats avaient été facilités par l'ex-président Nicolas Sarkozy qui a instauré un régime fiscal particulier pour l'Etat qatari en 2009, exonéré de taxe sur les plus-values immobilières. L'ancien chef de l'Etat voulait ainsi favoriser les relations commerciales entre la France et le Qatar.

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