La nomination d'Henri Proglio, proche de Rosatom, à la présidence de Thales dérange Bercy

Henri Proglio Source: Reuters
Henri Proglio

La nomination d’Henri Proglio à la présidence non exécutive de Thales donne lieu à une passe d’armes avec le gouvernement, qui voit d’un mauvais œil ses responsabilités dans des conseils d’administrations d’entreprises russes du secteur nucléaire.

L’Etat étant actionnaire à hauteur de 26,63 % du groupe de défense français Thales, il pose ses conditions quant à la désignation du futur président de l’entreprise de défense.

Bercy a en effet invoqué «une question de principe pour éviter de possibles conflits d’intérêts». Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron n’apprécie pas qu’Henri Proglio conserve ses fonctions auprès de Rosatom, l’agence fédérale de l’énergie atomique, craignant que cela interfère avec les responsabilités de directeur d'une entreprise évoluant dans des domaines aussi sensibles que la défense, l'aéronautique et les technologies d'information.

Le quotidien Le Monde rapporte qu’il se dit dans l'entourage du ministre Emmanuel Macron «que le président d'honneur d'EDF et futur patron de Thales soit rémunéré, même indirectement, par un groupe qui a la main sur toute l'industrie nucléaire civile et militaire russe est pour le moins étonnant».

Henri Proglio, proche du directeur de l’agence nucléaire russe, siège en effet au conseil d’administration de deux sociétés liées à Rosatom, le champion nucléaire russe : Akkuyu Nuclear JSC et Fennovoima Ltd.

Ce dernier a fait appel à l'avocat Jean-Pierre Mignard, un proche de François Hollande, qui, après examen de la situation a envoyé une note à Bercy et à l’Elysée, statuant que les responsabilités de son client dans ces filiales de Rosatom «ne portent pas sur des points stratégiques susceptibles d'influencer [ses] prises de décision au sein du groupe Thales».

Du côté de Bercy, l’entourage du ministre de l’Economie dénonce que «Le seul fait qu’un conflit d’intérêt puisse être soupçonné fragilise Thales».

Le dossier de la désignation d’un nouveau président à la tête de Thales traine déjà de nombreux mois et il en reviendra à l’exécutif de trancher, la date prévue ayant été arrêtée au 13 mai.

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