«Les Républicains» : peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse

Siège de l'UMP, rue de Vaugirard, Paris© Jacky Naegelen Source: Reuters
Siège de l'UMP, rue de Vaugirard, Paris

Le bureau politique de l’UMP a adopté hier un nouveau nom : «Les Républicains». Cette appellation, sujette à autant de moqueries que d’indignations, sera soumise au vote des adhérents.

C’est donc en se rebaptisant que le parti de droite veut faire oublier les affaires et les règlements de comptes qui entachent le sigle de l’UMP. Mais cette manœuvre de ripolinage provoque scepticisme et réticences. Pour apparaître le plus rassembleur dans cette mutation de façade, Nicolas Sarkozy a pris en compte la demande d’Alain Juppé et décidé de faire voter les adhérents.

En interne, le choix de cette appellation qui n’a donné lieu à aucune consultation est accueilli avec réserve. Le député Edouard Philippe s’insurge contre cette appropriation sémantique : «Nous n’avons pas à nous arroger le concept de République. Nous serions les Républicains et pas les autres ?», tonne le député.

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Les sympathisants de droite sont quant à eux perplexes : comme le révèle un sondage Odoxa pour i-Télé, ils sont 57% à préférer l’ancien nom «UMP».

A gauche, les critiques se font plus virulentes, dénonçant une véritable OPA de Nicolas Sarkozy sur la République et les valeurs républicaines. Annick Lepetit, porte-parole des députés socialistes, estime que «les Républicains» est une «privatisation de la République par M. Sarkozy», ajoutant qu’«on n'a pas le droit de privatiser la République à des fins de marketing politique». 

Clairvoyant sur l’orientation atlantiste de cette formation, Jean-Pierre Chevènement souligne le tropisme américain du nouveau nom, faisant référence au Grand Old Party de Reagan et des Bush. En effet, pour 55% des Français, ce nom sonne «trop américain».

Ce ravalement de façade est tout de même estimé à 70 000 euros alors que les finances du parti sont dans le rouge.

Les 210 000 adhérents de l’UMP à jour dans leur cotisation au 31 décembre 2014 voteront sur ce nom par Internet les 28 et 29 mai, à la veille du congrès fondateur du nouveau parti voulu par Nicolas Sarkozy. Ce congrès validera les statuts de la future formation politique présidée par l’ancien chef de l’Etat français.

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