Radicalisation : Urvoas fustige le manque de surveillance dans les prisons

Prison de Fleury-Mérogis Source: Reuters
Prison de Fleury-Mérogis

«Tout est à faire» dans le domaine du renseignement pénitentiaire, fondamental pour détecter des signes de radicalisation de détenus, a estimé mercredi le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas.

Interrogé par la commission d'enquête parlementaire sur la lutte contre le terrorisme, Jean-Jacques Urvoas le déplore : depuis son arrivée place Vendôme, il n'a «jamais été destinataire d'un élément à entête du renseignement pénitentiaire». Et cela en quatre mois.

«Il y a des personnels qui ramassent de l'information, qui observent, qui constatent. Mais je n'appelle pas ça faire du renseignement», a commenté Urvoas.

En clair, les personnels pénitentiaires se contentent, respectant en cela les ordres et les circulaires, et notamment la loi pénitentiaire de 2009, d'observer les détenus et collecter de l'information. Le ministre trouve que c'est insuffisant et veut mettre en place un système actif de surveillance et de renseignement.

Jean-Jacques Urvoas qui, selon le Figaro, convoitait le ministère de l'Intérieur et se voyait premier flic de France, mais a été recalé au bénéfice de Bernard Cazeneuve, peut enfin déployer ses talents.

En la matière le locataire de la place Vendôme se veut un pionnier : «Il n'existe dans aucun pays démocratique de service de renseignement pénitentiaire», ce qui conduit à certaines «hésitations», explique-t-il.

Le projet de loi sur la procédure pénale, adopté seulement au mois de mai, donne à Urvoas la base légale de ses ambitions en permettant à l'administration pénitentiaire de mettre en œuvre des techniques de renseignement comme les micros et les caméras.

La loi fourre-tout dite de «lutte contre le terrorisme et d’amélioration de la procédure pénale» permettrait d'autoriser plus facilement la fouille des détenus, notamment la fouille à nu, condamnée pourtant par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). On peut craindre des conflits de droit, le droit européen et la CEDH primant sur le droit national.

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