Agressions sexuelles de la part de Denis Baupin : la classe politique «extrêmement choquée»

Denis Baupin à l'Assemblée Nationale en décembre 2015 Source: AFP
Denis Baupin à l'Assemblée Nationale en décembre 2015

Des journalistes de France Inter et de Médiapart ont recueilli des témoignages accablants de femmes qui accusent le vice-président écologiste de l'Assemblée Nationale, Denis Baupin, d'agressions sexuelles. Les réactions se multiplient.

«J'ai été extrêmement choqué par ces témoignages et par ce qu'ils révèlent […] Les hommes politiques devraient être totalement exemplaires», a réagi la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, au micro de France Info, le 9 mai. «Ces questions de harcélement concernent toute la société française», répond-elle, à la question de savoir si ces pratiques sont répandues dans le milieu politique.

Noël Mamère : «Un profond sentiment de malaise et de honte»

De plus, le parti Europe écologie les Verts (EELV) qu'il a quitté en avril dernier est un parti qui se veut en pointe sur les questions de féminisme et d'égalité homme-femme en politique. «Ce qui est inadmissible c'est que cela s'applique dans des partis politiques qui devraient être exemplaire en matière d'égalité homme-femme […] Si ces faits sont avérés, je pense que Denis Baupin devrait en tirer toutes les conséquences», a-t-elle ajouté.

«J'éprouve un profond sentiment de malaise et de honte en même temps», a déclaré le député EELV, Noël Mamère, sur BFM TV. Pour le maire de Bègles, cette affaire est «liée sans doute au fait que nous sommes dans un parti relativement petit, avec une sorte d'entre soi, il n'était pas question de le fragiliser, il était suffisamment fragile politiquement. Je suis plutôt fier que ces femmes se soient décidés à parler».

François de Rugy : «Des accusations extrêmement graves»

Contacté par France Inter, le co-président du groupe écologiste à l'Assemblée nationale François de Rugy, s'est déclaré «abasourdi parce que ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées» et «qu'en même temps, Denis Baupin est un ami politique». «Si ces faits sont avérés, ils doivent bien sûr être condamnés et c'est à la justice d'établir la vérité des faits. Denis Baupin aura l'occasion de dire les choses, de s'exprimer et à ce moment-là, bien sûr, s'il doit y avoir des condamnations, elles seront à faire parce qu'on ne transige pas avec ces questions du droit des femmes», a-t-il ajouté.

Tandis que le secrétaire national d'EELV, David Cormand, appelle d'ores et déjà Denis Baupin à quitter la vice-présidence de l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée l'a appelé à «s'exprimer et à donner sa vision des faits. Je souhaite qu'il dise sa vérité sur cette affaire», a-t-il insisté, sur Europe 1.

«Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine»

Les témoignages d'agressions sexuelles perpétrées par le mari de l'ex-secrétaire générale d'EELV Emmanuelle Cosse, s'étalent de 1998 à 2014.

Quatre femmes ont témoigné à visage découvert, tandis que plusieurs autres ont préféré garder l'anonymat. Sandrine Rousseau, actuelle porte-parole d'EELV, est l'une d'entre elles. «Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine et a tenté de m’embrasser dans le couloir, durant une pause alors que j’animais une réunion […] J’en ai parlé à deux membres de la direction du parti. L’un m’a dit : "Ah ! il a recommencé". L’autre : "Ce sont des choses qui arrivent très souvent"», a-t-elle témoigné.

C'est une photo publiée le 8 mars 2016 à l'occasion de la journée des droits des femmes qui a poussé, notamment Sandrine Rousseau, à témoigner. Pour la campagne «Mettez du rouge», il s'était affiché aux côtés d'Olivier Falorni, de Jean-Christophe Lagarde et de Benoist Apparu avec du rouge à lèvre.

L'adjointe à la mairie du Mans, Elen Debost, la députée du Calvados Isabelle Attard,ainsi qu'Annie Lahmer, militante chez les Verts depuis plus de 25 ans, ont également choisi de témoigner à visage découvert. Elles racontent les dizaines de textos «plus que graveleux» reçus après avoir refusé ses avances, des attouchements dans l'ascenseur, le chantage à l'attribution d'un poste contre une relation sexuelle. Alors que Denis Baupin n'a pas souhaité réagir à ces accusations, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a demandé à son vice-président qu'il a reçu le 9 mai au matin de lui remettre sa démission.

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