BFMTV renvoie Romain Caillet : l'expert affirme qu'il ne se savait pas fiché

© capture d'écran Youtube, Mediapart MOYEN-ORIENT EXPRESS "2016, la fin de l'Etat islamique?"

Suite aux révélations sur Romain Caillet, fiché S et proche de djihadistes, la chaîne d'information en continu a décidé de mettre un terme à leur collaboration. Depuis plusieurs mois, il officiait en tant que consultant sur le terrorisme.

La chaîne d'information en continu ne s'est pas laissé un moment d'hésitation : à peine l'Obs avait-il révélé le passé trouble de l'expert, BFMTV publiait un communiqué pour annoncer la fin de sa collaboration avec Romain Caillet.

Prenant de grandes distances et affirmant qu'elle ne soupçonnait pas les liaisons dangereuses que son consultant entretenait avec les réseaux djihadistes, la chaîne explique que le chercheur converti à l'islam à l'âge de 20 ans «n'a pas jugé utile de préciser à la chaîne un certain nombre d'éléments importants sur son passé». BFMTV a ainsi tranché et expliqué que dans ces conditions, «Romain Caillet ne peut pas poursuivre son travail de consultant extérieur sur BFMTV».

Fiché S pour ses liens avec certains islamistes, il aurait notamment eu des échanges avec les frères Clain qu'il a rencontrés lors d'un séjour en Égypte. L'aîné de la fratrie, Fabien, serait aujourd'hui un cadre important de Daesh qui a revendiqué les attentats de novembre dernier pour le compte de l'organisation terroriste. En Egypte, Romain Caillet suivait par ailleurs les cours de l'institut Qortoba, fermé en 2005 à la demande des services de renseignement occidentaux qui y voyaient une officine de recrutement djihadiste. En outre, il apparaissait régulièrement dans les années 2000 sur des forums islamistes sous le pseudonyme «Colonel Salafi» et ne cachait pas ses positions en faveur du djihad.

Mis en garde à vue en 2008, il reconnaît avoir été proche de ce milieu mais explique s’en être écarté. «Depuis mars 2007, je ne suis plus pour le djihad parce que je m'oppose au fait d'entraîner des jeunes pour se sacrifier à mourir sans avoir acquis au préalable les bases de l'Islam», a-t-il dit aux enquêteurs.

Il se dit repenti, précise qu'il n'a jamais été condamné par la justice et affirme regretter son passif propagandiste : «J'espère ne pas avoir été la cause d'enrôlement de jeunes au djihad. Quand j'étais djihadiste, je dormais mal la nuit en pensant aux attentats».

Interviewé par Le Figaro, l'expert déclare qu'il ne pensait pas être encore fiché au moment de son recrutement par BFM, «ayant fréquenté des politiques et des responsables influents». 

Un procès en sorcellerie ?

Spécialiste de géopolitique, chercheur et consultant, Frédéric Pichon connait bien Romain Caillet. Contacté par RT France, il s'insurge contre ce qui est selon lui «un faux procès». «Pour moi, tout cela est un non-évènement qui sera oublié après demain» s'emporte-t-il. «Je le connais personnellement depuis trois ans et je pense vraiment qu'on se trompe de cible. La fiche S, il y a des milliers de personnes qui l'ont, ce n'est pas rédhibitoire. Après, il est ce qu'il est : il est musulman converti, proche des milieux salafistes, mais il parle avec beaucoup de transparence de ses engagements passés qui n'ont d'ailleurs été que des engagements virtuels et intellectuels» plaide-t-il. Pour Frédéric Pichon, Romain Caillet est quelqu'un «d'honnête intellectuellement, dont les informations seraient très fiables et jamais polémiques (...) Sur la Syrie par exemple, il a toujours dit qu'il n'y avait pas de rebelles modérés» précise le chercheur. 

Devenu incontournable dans les médias ou sur les réseaux sociaux avec plus de 33 500 abonnés sur Twitter depuis les attentats du 13 novembre à Paris, Romain Caillet est reconnu pour son expertise sur les questions relatives à l'islam radical.

En France, 20 000 personnes sont fichées S, dont 10 500 pour leur appartenance ou leur lien avec la mouvance islamique.

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