Pour les «décrocheurs», Nicolas Sarkozy préconise un «service militaire adapté»

Source: AFP

Pour faire face aux «100 000 jeunes» qui sortent d'école sans diplôme ni formation, le chef du parti Les Républicains a prôné, le 6 avril, la mise en place d'un «service militaire adapté» (SMA) pour tous ces «décrocheurs».

«Ce ne sera pas sur la base du volontariat», a fait savoir l'ancien président lors d'une «matinée de travail sur l’Education et l'Enseignement supérieur» qui s'est tenue au siège de son parti à Paris. Une position tranchée qui, dit-il, «va faire parler». C'est aussi une occasion pour Nicolas Sarkozy de relancer un débat sur l'éducation, l'un des sujets les plus clivants entre l'opposition et le gouvernement socialiste, et d'occuper ainsi l'espace médiatique à quelques mois de la primaire de la droite et du centre.

«A partir de l'âge de 18 ans, toute personne qui n'aura pas son bac, qui ne sera pas en apprentissage, ne sera pas en formation, ne sera pas en stage, ira faire un service militaire adapté où il pourra réapprendre les règles de vie en commun», a-t-il affirmé. Pour démontrer la nécessité de la mise en place d'une telle mesure, il a fait référence aux départements et territoires d'outre-mer où, selon lui, elle «marche très bien» et constitue une «chance» pour les jeunes. Ces derniers auront, selon lui, la possibilité de passer leur permis de conduire, d'apprendre une langue étrangère ou encore de pratiquer du sport «à haute dose».«Ainsi, nous mettrons l'institution militaire en situation de garder un lien avec la Nation», a-t-il également expliqué.

Le SMA, un bilan positif 

Créé en 1961 et en vigueur outre-mer depuis 1961, le Service militaire adapté (SMA) est un dispositif d'insertion via les forces armées. Il concerne les jeunes âgés de 18 à 25 ans, en perdition scolaire, au chômage ou menacés de désocialisation. Il est censé leur permettre de se former à un métier pendant une période variant de 6 à 12 mois.  

En 2015, 4 582 jeunes ultramarins ont bénéficié d’un parcours SMA dans les cinq départements d’outre-mer, 26% sont des femmes. A son lancement en 2009, les effectifs ne dépassaient pas 3 000 personnes. Par ailleurs, 76,3% des volontaires ont été insérés cette année, les trois-quarts dans l’emploi et les autres en poursuivant leur formation. Autre point positif, 50% des jeunes insérés bénéficient d’un emploi durable (en CDI ou CDD de plus de 6 mois) et plus de 87% sur leur territoire d’origine. 

«Cette amélioration globale tient à trois types d’actions : la déclinaison locale du protocole dans chacun des départements, le net renforcement de la coopération entre Pôle emploi et le SMA et la construction conjointe de parcours d’insertion », explique le colonel Philippe Haristoy, en charge du régiment du SMA en Martinique (RSMA-M). Selon de nombreux élus, ce dispositif permet d'intensifier la lutte contre le chômage dont le taux dépasse 20% dans ces territoires. 

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