La France, pourra-t-elle obtenir la levée des sanctions contre la Russie ?

Le Premier ministre français Manuel Valls Source: Reuters
Le Premier ministre français Manuel Valls

L’Assemblée nationale s’apprête à voter le 28 avril une résolution pour la levée des sanctions contre la Russie. Proposée par Thierry Mariani, député Les Républicains (LR), cette résolution invite le gouvernement à ne les renouveler.

Même si c’est le gouvernement qui gère l’ordre du jour, tous les six mois l’opposition a une niche parlementaire pour faire voter sa proposition. Cette fois il s’agit de faire le Parlement s’exprimer sur les sanctions décrétées contre la Russie.

La résolution rédigée par le député Thierry Mariani et soutenue par le groupe Les Républicains, évoque les multiples raisons du refroidissement des relations franco-russes et par extension, l’inutilité des sanctions.

Le texte met en évidence que les sanctions décidées et promues par l’Union européenne avec le soutien des Etats-Unis sont «contraires aux intérêts fondamentaux des relations franco-russes», «n’ont pour effet que de détériorer les relations économiques qui lient la France et la Russie», chiffres à l’appui : baisse de 12,1% des exportations européennes à destination de la Russie et recul de 13,5% des importations russes. Une tendance qui ne cesse de s’aggraver : «Depuis le début de l’année 2015, les échanges franco-russes ont diminué de 40%», poursuit la proposition de résolution.

Pour son auteur, l’annulation des ventes des Mistral à la Russie a illustré «l’abandon de notre indépendance nationale» tout en pesant sur le contribuable français : «La perte liée à l’annulation de la vente des Mistral à la Russie s’élève à près d’1,2 milliard d’euros.»

Le document souligne que les sanctions qui pénalisent les entreprises françaises profitent aux entreprises américaines qui, malgré les restrictions, signent des contrats avec leurs partenaires russes comme en témoigne, le contrat pour l’assemblage d’hélicoptères en Russie entre la société américaine Bell et une société russe, liée au conglomérat d’industries de la défense Rostec, sous le coup des sanctions européennes.

Les sanctions ont fait preuve de leur totale inefficacité

Le point des plus sensibles : les répercussions des sanctions dans le domaine agricole dont la filière porcine qui s’est vue réduire à 0 les exportations de 70 000 tonnes pour un avec le chiffre d’affaires de 100 millions d’euros par an.
«Nous pouvons craindre de perdre définitivement des débouchés en Russie, au profit d’autres pays en bons termes avec Moscou», alerte le document en soulignant que les entreprises françaises souffriraient plus que leurs homologues russes. «En effet, une fois les sanctions levées, le France ne pourra que déplorer la perte de ses parts de marché» explique-t-on.

La résolution insiste également sur le «contexte géopolitique» de la décision sur les sanctions où la Russie œuvre à armes égales avec l’Occident contre la menace de l’Etat islamique.

«Les sanctions ont fait preuve de leur totale inefficacité à régler la crise ukrainienne et dans la mesure où la France et la Russie ont décidé de coordonner leurs frappes aériennes en Syrie contre les djihadistes de Daesh», la question des sanctions méritent d’être posée clairement, conclut le document. En effet, on ne peut demander à la Russie d’être partenaire dans le combat contre Daesh et en même temps réclamer des sanctions à son encontre».

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