Faut-il être barbu pour travailler à la RATP ? Deux jeunes femmes ont mené l'enquête

Source: Reuters

Depuis les attentats du 13 novembre, où l'un des terroristes était un ancien chauffeur de bus, certains pointent la RATP du doigt pour son laxisme envers leurs employés radicaux. Deux jeunes femmes veulent prouver le contraire.

«Dans le nord de Paris, il y a une ligne de bus où il est difficile de rentrer si on n'est pas barbu», lit-on sur le fil Twitter du Printemps des Républicains. Widad Ketfi, journaliste à Bondy Blog et Sihame Assbague, militante antiraciste, ont décidé de vérifier cette affirmation. 

Lundi 21 mars, Widad Ketfi et Sihame Assbague ont pris l’initiative de se faire leur propre opinion à partir de leurs observations. Leur objectif : vérifier s'il y a vraiment plus de barbus dans le nord de Paris et si les imberbes sont «interdits» sur certaines lignes.

Interrogée par ZamanFrance, Widad Ketfi explique leur démarche : «Le terme [contre-enquête] est choisi de manière un peu ironique. Les propos qui ont été tenus hier sont toujours les mêmes : des mensonges pour stigmatiser une partie de la population. Des anecdotes qui sont basées sur rien du tout et qui sont utilisées pour instrumentaliser les mêmes populations. Affirmer texto que les chauffeurs de bus ne sont choisis que s’ils ont une barbe sur une ligne de bus, c’est quand même grave», affirme-t-elle.

Les deux jeunes femmes ont ainsi pris le bus dans la zone concernée et ont filmé leurs interviews en direct sur Périscope, une application qui permet de diffuser des vidéos en direct. Interrogés, chauffeurs et machinistes se disent étonnés par les propos de leur collègue partagés lors du Printemps républicain.

Leurs témoignages viennent ainsi invalider les accusations du Printemps des Républicains.

Mais Widad Ketfi semble viser plus que le simple tweet du Printemps des Républicains. Ainsi, sa phrase, «Les propos qui ont été tenus hier sont toujours les mêmes : des mensonges pour stigmatiser une partie de la population» semble être une allusion et une dénonciation implicite des enquêtes plus sérieuses concernant la présence de musulmans radicaux au sein de la RATP. 

Suite aux attentats du 13 novembre, après lesquels il a été découvert que l'un des kamikazes du Bataclan avait travaillé 15 mois pour l'entreprise publique, Le Parisien avait ainsi révélé que de nombreux fichés S travaillaient à la RATP, et que de nombreux comportements extrémistes - refus de serrer la main aux femmes, interprétation rigoriste du Coran - avaient été dénoncés par les syndicats, en particulier la CFDT.

Une enquête interne aurait révélé l'existence de «faits communautaristes», mais selon Le Figaro, aucune sanction n'aurait été prise. 

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