Estrosi, président de la région PACA, sera le premier politique à signer un accord avec la Crimée

Source: Reuters

Le maire de Nice se rendra en Crimée au mois de mai dans le cadre du renouvellement de l’accord de jumelage entre sa ville et Yalta. Malgré la résistance de Paris, la Crimée attire de plus en plus les politiciens français.

Le 29 février, Christian Estrosi et le maire de Yalta Andreï Rostenko ont signé une lettre d'intention prévoyant le renouvellement du jumelage des deux villes.

Andreï Rostenko a annoncé que le maire de Nice se rendrait en Crimée au mois de mai pour signer un accord de coopération. «La rencontre devrait avoir lieu durant la deuxième quinzaine de mai. Nous sommes en train de nous accorder sur la date», a-t-il indiqué à l'agence TASS.

Pour lui, cette coopération induit un partage d’expériences dans le domaine touristique, un échange de groupes de réflexion et de délégations, scientifiques comme commerciales.

«Nous sommes très intéressés par l’expérience de Nice dans l’organisation de parcs d’innovation. Un échange d’expérience dans le domaine de la viticulture est aussi prévu», a expliqué le maire de Yalta.

Du 26 février au 1er mars, la ville de Nice a reçu une délégation officielle en provenance de Yalta. Rostenko a précisé qu'ils avaient été invités par Christian Estrosi pour rétablir la coopération entre les deux villes, qui a commencé à l'époque soviétique, il y a plus de 50 ans. Selon Andreï Rostenko, la délégation a été très bien accueillie.

La visite en Crimée coûte-t-elle chère aux politiciens français ?

Tandis que plusieurs délégations internationales avaient visité la Crimée après son rattachement à la Russie, c'est une délégation française de dix personnes, avec le député des Français de l’étranger Thierry Mariani à leur tête, qui a rompu le «blocus politique» de la région.

Leur visite de quatre jours en Crimée, en juillet dernier, avait provoqué des remous en France. Après en avoir discuté avec le ministre des Affaires étrangères d’alors Laurent Fabius, qui était «hostile» à cette initiative des parlementaires et avait déconseillé d’entreprendre ce voyage à plusieurs reprises, Thierry Mariani et sa délégation n’avaient pas changé d’avis.

Quelques mois après sa visite, Thierry Mariani a été prié de quitter la vice-présidence du groupe PPE auprès de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Selon les déclarations du député français à l'agence Sputnik, son voyage en Crimée et ses déclarations récentes lui ont valu des remontrances de la part de l'APCE.

Etant ensuite renvoyé de son poste, ce député des Français de l’étranger a annoncé son intention de continuer à se rendre à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe en tant que parlementaire français. «De plus, je continuerai à défendre les positions qui sont les miennes et auxquelles je crois. Et comme je fais partie de ceux qui détestent être mis sous pression, et puisque certains pensent me décourager en exerçant ce style de pression, je peux déjà leur annoncer que je ferai précisément le contraire et retournerai très vite en Crimée avec une autre délégation française, plus nombreuse», a-t-il fait savoir dans son interview à RT.

Kiev a de son côté réagi de façon prévisible à la visite de la délégation française. Les parlementaires ont été accusés par la diplomatie ukrainienne d’«irrévérence envers les lois ukrainiennes, la politique de la France et de l’Union européenne». Le Bureau du procureur général de l’Ukraine a même ouvert une enquête pénale contre eux pour «franchissement de frontière illégale».

Valéry Giscard d'Estaing : «la Crimée s’est développée comme une province de Russie»

Pour l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, pour parler de la Crimée il faut tout d'abord regarder l'histoire. «La Crimée n’a pas été conquise par l’Ukraine au XVIIIe siècle. Elle a été conquise par la Russie. En fait c’est l’impératrice Catherine II, c’est le fameux général Potemkine qui ont conquis la Crimée, non pas sur les Ukrainiens, mais sur les Turcs ou les vassaux des Turcs. Et ensuite la Crimée s’est développée comme une province de Russie», a-t-il expliqué dans son interview exclusive à RT.

«La preuve c’est que la dernière conférence de la dernière guerre s’est tenue à Yalta. Tous les dirigeants Occidentaux y sont venus. Et ils sont venus à l’invitation de la Russie – en Crimée», a souligné l'ancien président de la République.

Selon lui, une seule chose pourrait créer le doute, «c'est le déroulement du referendum – puisqu’il a été quelque peu improvisé». «Et bien, dans un délai raisonnable de deux ou trois ans, il faudra faire un referendum avec les garanties internationales classiques sur la question de savoir ce que souhaitent les habitants de la Crimée», a proposé Valéry Giscard d'Estaing.

La Crimée est redevenue une région russe après le référendum de mars 2014, lors duquel près de 97% de la population a voté pour le rattachement à la Russie. Cependant, Kiev estime que la Crimée fait toujours partie de l’Ukraine, qualifiant d’illégal le rattachement de la péninsule à la Russie.

Aller plus loin : les députés français en visite en Russie dénoncent la «stupidité de la politique des sanctions»

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