En France, bientôt une loi qui autorise à se déconnecter des e-mails professionnels le week-end ?

A l'ère du tout-numérique, la limite entre travail et vie sociale n'est pas clairement définie et certains employés finissent par faire un burnout© Francebleu.fr commons
A l'ère du tout-numérique, la limite entre travail et vie sociale n'est pas clairement définie et certains employés finissent par faire un burnout

Tandis que le gouvernement s'inquiète de la recrudescence des burn-out chez les travailleurs français, ces derniers pourraient bientôt avoir légalement le droit de se déconnecter complétement de toute tâche professionelle durant le week-end.

Courant 2015, le directeur général d'Orange, Bruno Mettling, avait déjà insisté sur les ondes France Info sur le droit des employés à se déconnecter des tâches professionelles pendant leur temps libre, week-ends et congés.

«Aucun salarié ne doit se voir reprocher de ne pas avoir été connecté en dehors de ses heures de travail», avait-il déclaré, ajoutant «le principe de ce droit doit être décidé rapidement pour l’ensemble des salariés de ce pays». 

Pour le DRH du géant français de la téléphonie, «les professionnels qui trouvent le juste équilibre entre vie privée et travail effectuent beaucoup mieux leurs tâches professionelles que ceux qui sont en permanence en train de penser à leur travail».

En France, les dépassements de la semaine officielle de 35 heures sont fréquents, surtout pour les emplois de bureau où les employés sont en permanence connectés : e-mails, réseaux sociaux, téléphone etc.

Dans un contexte de crise de l'emploi, il arrive fréquemment que des employés d'une entreprise restent connectés à leurs tâches professionelles bien plus longtemps qu'il n'en ont officiellement l'obligation, et ce, par peur de laisser passer des détails et/ou projets importants et, finalement, de perdre leur poste. 

Aussi, soucieuse de préserver le moral des employés et éviter qu'ils ne finissent pas faire un burn-out à force d'être en permanence plongés dans des tâches professionelles, la ministre du Travail Myriam el-Khomri veut concrétiser l'idée émise par Bruno Metling dans une loi. 

Depuis 2014 pourtant, les employeurs n'ont déjà légalement plus le droit d'appeler leurs employés durant leur temps libre.

Mais selon Technologia, entreprise française spécialisée dans la réduction des risques liés au travail, en 10 ans, le nombre d'employés qui ont travaillé chez eux entre 20 heures et minuit est passé de 30% à 52%. 

Le directeur de Technologia, Jean- Claude Delgenes, a indiqué, qu'à l'ère du tout-numérique, le travail déborde beaucoup trop souvent sur la vie privée. Pour lui, la limite entre travail et vie sociale doit être «clairement définie» et le premier ne doit pas empiéter sur la seconde. 

En juin 2015, le Sénat avait retiré le burn-out la liste des maladies professionnelles à part entière du projet de loi sur le dialogue social. 

Un amendement socialiste, porté par le député Benoît Hamon, avait pourtant été voté fin mai 2015 en première lecture devant l'Assemblée nationale. Il précisait que «les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d'origine professionnelle» aux mêmes conditions que les autres affections.

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