Aéroport de Notre-Dames-des-Landes : le volte-face de François Hollande

Un fermier opposé au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes Source: Reuters
Un fermier opposé au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Le président de la République François Hollande a annoncé le 11 février qu'un référendum local serait organisé pour décider de la construction ou non de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Cette consultation populaire sera organisée «d’ici le mois d’octobre» «pour savoir ce que veut la population» concernant le projet de construction fortement décrié, a déclaré sans plus de précisions le chef de l'Etat lors d'une intervention à la télévision peu après l'annonce du remaniement ministériel.

«Il y a un blocage autour de ce projet controversé d’aéroport», a-t-il poursuivi. Si le vote est favorable, les travaux de construction de cet aéroport débuteront au mois d'octobre, tandis que si le vote n'est pas favorable, l’Etat «en tirera les conséquences» et se résoudra à renoncer au projet, a-t-il poursuivi. « A un moment, il faut prendre une décision », a-t-il ajouté.

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Des discussions sur ce sujet ont déjà eu lieux avec «des élus locaux»

Des discussions sur ce sujet ont déjà eu lieu avec «des élus locaux», dont «la maire de Nantes», la socialiste Johanna Rolland, a détaillé le président qui a précisé qu'il ne s'agissait nullement d'un marchandage avec l'ancien secrétaire général d'Europe écologie les Verts, Emmanuel Cosse, qui fait son entrée au gouvernement.

Le projet de Notre-Dame-des-Landes, qui date des années 1960 mais qui a été relancé à la fin des années 1990, aura empoisonné le quinquennat de François Hollande. L'accord passé entre le parti socialiste et EELV en vue des législatives de 2012 incluait déjà un constat de désaccord sur la construction de l'aéroport. L'arrivée à Matignon de Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes et farouche défenseur du projet, au nom du bruit, de la sécurité et du développement économique que ne permet pas l'actuel aéroport situé dans l'agglomération, avait remis la question sur la table. 

Le site est occupé depuis 2009 par des militants anticapitalistes

Alors que plus personne ne s'y attendait, le gouvernement avait annoncé début février «l'engagement effectif des travaux» de construction de l'aéroport. Mais la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, s'était montrée beaucoup moins affirmative. Opposée au maintien de ce projet, elle a commandé un rapport pour évaluer les projets «alternatifs ou complémentaires» à l'aéroport.

Le site est occupé depuis 2009 par des militants anticapitalistes qui se relaient sur cette zone d'aménagement différé (ZAD) rebaptisée «zone à défendre». Ils entendent protéger un environnement qu'ils jugent fragile et permettre à des agriculteurs installés sur le site de poursuivre leurs activités. Des incidents éclatent régulièrement au cours de manifestations organisées contre le projet.

Le 25 janvier, une décision de justice a ordonné l'expulsion des derniers habitants historiques des lieux, y compris des agriculteurs. Les travaux n'ont jamais repris depuis 2012, soit un retard de déjà quatre ans pour un projet qui aurait dû être achevé en 2017.

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