Sommet du «plan B» : Jean-Luc Mélenchon veut bâtir un «rapport de force» pour changer l'Europe

Ce 24 janvier s'est achevée la première édition d'un sommet réunissant plusieurs représentants européens issus de partis de gauche. Initiateur de l’événement, Jean-Luc-Melenchon a évoqué la crise pluridimensionnelle européenne lors de la clôture.

Après l'Allemand Oskar Lafontaine et l'Italien Stefano Fassina, tous deux anciens ministres des Finances de leurs pays respectifs, Jean-Luc Mélenchon a tenu un discours particulièrement offensif à la Maison de la Chimie, hôte d'un événement inédit intitulé «Sommet internationaliste pour un plan B en Europe».

Le sommet, «un acte historique»

Le leader du Front de gauche a fait part en préambule de son «soulagement» de voir s'achever ce qu'il considère comme le «premier et seul espace réellement commun, totalement ouvert à toutes les hypothèses, toutes les contributions, pour tirer l'Europe de l'impasse dans laquelle elle est en train de s'enfermer». Le qualifiant d'«acte historique», il a précisé que cet espace devait demeurer ouvert aux progressistes, c'est-à-dire à ceux qui sont convaincus qu'aucune politique progressiste n'est possible actuellement dans le cadre des traités budgétaires européens. Après un vibrant hommage rendu à l'ex-présidente du parlement hellénique, Zoé Konstantopoulou, pour son engagement au sein de ce sommet, il a exprimé son rejet du fonctionnement politique actuel d'une Europe qu'il estime «plongée dans les abîmes dont elle a eu du mal à se sortir par le passé».«Vous les avez tous sous les yeux, les belles phrases, les belles proclamations sur l'Europe qui protège de ceci et de cela, vous avez sous vos yeux les échecs», a-t-il déclaré à ce propos.

La crise des réfugiés, une responsabilité d'abord européenne

«Il y a quelques semaines, quelques mois, vous aviez tous le cœur fendu en voyant cet enfant noyé sur une plage», a rappelé Jean-Luc Mélenchon. C'est en faisant référence au petit Aylan Kurdi, enfant syrien retrouvé mort sur une plage de Turquie en septembre dernier, que le leader du Front de gauche a évoqué la crise des réfugiés en Europe. «C'est vrai, la misère ne tombe pas du ciel, la guerre non plus. Elle vient des rapports sociaux humains, de l'exploitation, de l'impérialisme», a-t-il justifié pour expliquer la vague migratoire actuelle. Il s'est en outre indigné de «l'image du réfugié qui nous est proposée, de manière substitutive, c'est celle du violeur de Cologne». Pour clore ce chapitre, il a martelé le non sens d'imputer le crime à une religion, rappelant que «les criminels qui déclenchent les guerres [...] dans nos pays par les politiques d'austérité qui fait que l'espérance de vie effective recule dans tous les pays développés, ceux-là aussi doivent être condamnés et punis».

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Le néolibéralisme, une idéologie antidémocratique 

La politique économique de l'Union européenne a constitué le dernier thème du discours de l'ancien sénateur socialiste. Selon lui, «le néolibéralisme […] est nécessairement un système qui tourne au totalitarisme». Pour argumenter son propos, il a rappelé la position du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lorsque la Grèce avait refusé les modalités de remboursement de sa dette via un référendum tenu en juillet dernier. Peu après la victoire du non, il avait alors déclaré qu'aucune décision démocratique ne pouvait remettre en question les traités européens. «S'il faut choisir entre la souveraineté du peuple et le parlement de Strasbourg, je préfère la souveraineté du peuple», s'est emporté le politicien français.  

Le prochain sommet aura lieu dans six mois à Madrid et il se veut d'ores et déjà davantage ouvert aux citoyens. L'engouement populaire autour de cet événement se fait déjà sentir en Espagne puisque, les invitations limitées initialement à 1 000 personnes, ont été raflées en quelques heures.

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