Portes ouvertes et «thé de la fraternité» à Ajaccio et dans les mosquées de France

- Avec AFP

La journée 'portes ouvertes' des mosquées françaises.© Vincent Kessler. Source: Reuters
La journée 'portes ouvertes' des mosquées françaises.

Plusieurs mosquées ont ouvert leurs portes ce week-end pour «apaiser les tensions» communautaires survenues depuis les attentats de Paris. Le «thé de la fraternité» a également été organisé dans la salle de prière d'Ajaccio saccagée le 24 décembre.

La salle de prière musulmane d'Ajaccio qui avait été saccagée le soir du 24 décembre par des manifestants en colère après les agressions commises sur des pompiers et des policiers dans un quartier de la capitale corse, a ouvert ses portes aujourd'hui pour un «thé de la fraternité».

Cette action a été organisée à l'appel des responsables du lieu qui souhaitaient faire entendre que «l'islam veut être une religion de paix».

A l'instar d'Ajaccio, plusieurs mosquées en France ont ouvert leurs portes pour accueillir les curieux, discuter et apaiser les tensions communautaires survenues depuis les attentats de Paris le 13 novembre dernier.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est rendu aujourd'hui à la Mosquée de Saint Ouen l'Aumône.

«Si quelqu'un me tend la main, je la saisis et je la serre», a expliqué à l'AFP Jean-François, un témoin qui a préféré garder l'anonymat et venu boire thé à la salle de prière d'Ajaccio.

Cette journée «porte ouverte» est «simplement destinée à montrer qui on est, que l'on pratique une religion de paix et d'amour du prochain et tout le monde est bienvenu», explique à l'AFP Mounim El Khalfioui, le responsable de la salle vandalisée après l'agression, la veille de Noël, de pompiers et policiers dans un quartier sensible.

Une dizaine de personnes avaient répondu en milieu d'après-midi, à l'invitation. Mounim El Khalfioui a espéré qu'elles seraient plus nombreuses dimanche, second jour de cette «porte ouverte».

Peu après la prière de l'après-midi à laquelle ont assisté un vingtaine de fidèles, le thé à la menthe et les gâteaux traditionnels marocains ont été servis aux visiteurs dans cette salle du quartier populaire de Saint-Jean.

Installée au rez-de-chaussée d'un immeuble de huit étages de la rue du colonel Colonna d'Ornano, où fut assassiné en 1998, le préfet Claude Erignac, la salle de prière de l'Association marocaine sportive et culturelle porte encore les signes de la colère de Noël de certains habitants d'Ajaccio.

«Nous ne faisons pas réparer pour les besoins de l'enquête et pour les assurances», a expliqué Mounim El Khalfioui, en montrant notamment le rideau métallique forcé, les carreaux brisés et un climatiseur arraché.

Le lendemain du caillassage d'un camion de pompiers et l'agression de sauveteurs intervenant sur un incendie dans le quartier des Jardins de l'Empereur, à un kilomètre de la salle, des dizaines de personnes avaient quitté un rassemblement de protestation pour se livrer à des dégradations dans des quartiers à population maghrébine, aux cris de «Arabi Fora» (les Arabes dehors).

Mounim El Khalfioui, qui est employé municipal d'une quarantaine d'années, se réjouit des nombreux messages de soutien adressés par les voisins et la population ajaccienne. Mais, il ne veut pas s’appesantir sur les incidents qui n'ont fait aucune victime.

«Prévenus que des gens en colère arrivaient, nous avons fermé la porte et sommes partis», explique un fidèle, Sabri Merdassi, 23 ans, venu prier le 25 décembre.

Le jeune-homme, qui condamne «en même temps les racistes et les terroristes islamistes», s'est dit toutefois «surpris» par l'ampleur donnée à cette affaire par les medias.

«Nous n'avons jamais de problème ici et quand nous allons au Maroc, nous sommes les meilleurs ambassadeurs de la Corse», ajoute M. El Khalfioui, qui déplore «le trop grand tapage des journaux parisiens et de certaines chaînes de télévision en continu».

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