«Ce n’est pas tolérable ce que vous avez fait !» : passe d’armes à l’Assemblée nationale lors du passage en force gouvernemental sur le budget
© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ruLe Palais Bourbon a été le théâtre d’une vive altercation, ce 30 janvier, entre le Premier ministre français Sébastien Lecornu et le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, celui-ci reprochant au premier de ne pas avoir attendu les députés de sa commission avant de dégainer l'article 49.3 sur le budget.
En fin de séance, ce 30 janvier à l’Assemblée nationale, le président de la Commission des finances et député La France insoumise (LFI) Éric Coquerel s’en est violemment pris au chef du gouvernement qui venait de dégainer un ultime 49.3 afin de faire définitivement adopter le budget 2026. En cause, le recours à cet article de la constitution française en son absence.
« Le président de la Commission des finances doit être présent au moment du 49.3, ce n’est pas tolérable ce que vous avez fait ! », a tonné Éric Coquerel selon la presse qui s’est fait écho de cette affaire. « Allez, ça commence à bien faire maintenant », lui aurait rétorqué Sébastien Lecornu avant que le député LFI n’aille devant les journalistes dénoncer un « nouveau coup de force » du Premier ministre. « Le Premier ministre, dans sa volonté maintenant d’utiliser le 49.3 le fait en plus avec une rare inélégance », a-t-il fustigé devant la presse au sortir de l’Hémicycle.
« Puisque nous étions en commission où une fois de plus nous avons rejeté le texte – au moins en commission on peut se prononcer sur ce texte – et que le Premier ministre n’a même pas eu, alors que j’avais prévenu, la décence d’attendre les membres de la commission pour déclarer son 49.3 », a-t-il poursuivi soulignant un épisode qui selon lui « révèle […] la vraie politique et la vraie mentalité de ce gouvernement [qui] a continué à mépriser l’Assemblée nationale et essayer d’imposer un texte minoritaire ».
« Ce texte ne satisfait personne »
Un texte budgétaire « qui ne satisfait personne », a affirmé le député, évoquant son rejet «de nouveau» en Commission des finances « à l’unanimité », taclant au passage les élus du Parti socialiste (PS) qui n’ont jusqu’à présent pas soutenu les motions de censure déposées à l’encontre du gouvernement Lecornu.
« S’ils ne votent pas cette fois-ci la censure, comme ils le font depuis février 2025, on pourra dire que très clairement ils sont dans un soutien sans participation au gouvernement », a ajouté Coquerel après avoir assuré que son parti faisait « pression » sur les députés PS pour qu’ils soutiennent cette fois-ci la motion de censure déposée par son parti.
« Ceux qui ne vont pas censurer ce texte, ils ouvrent la voie à des textes à la fois discriminatoires, racistes, autoritaires qui sont assez inquiétants pour l’avenir », avait-il estimé un peu plus tôt, après avoir décrit la formation « ces derniers jours » d’une « majorité» qui irait « du bloc central à l’extrême droite ». Majorité qui, toujours selon le député LFI, « puise dans le programme de l’extrême droite ». Il évoque la présomption de légitime défense des policiers, « la remise en question du 1er mai » ou encore « le fait de criminaliser toutes critiques du gouvernement Netanyahou ».
Autre mesure évoquée face aux journalistes par Éric Coquerel : la restriction en matière d’aide au logement pour les étudiants extra européens – qui devront justifier de deux ans de résidence pour les percevoir. Un amendement qui, a-t-il précisé, fera l’objet d’un recours de LFI devant le Conseil constitutionnel.