Dette : l’Argentine «pas en état» d'accepter des conditions du FMI, selon son président

- Avec AFP

Dette : l’Argentine «pas en état» d'accepter des conditions du FMI, selon son président Source: Reuters
Le président argentin Alberto Fernandez pointe un graphique lors d'une conférence de presse à Buenos Aires le 11 avril 2020 (illsutration).

Le président argentin a estimé, lors d’un entretien à la radio, que son pays n’était «pas en état» d’accepter des conditions du Fonds monétaire international (FMI), avec lequel il négocie un nouveau programme de financement de sa dette.

«Je ne peux accepter aucune conditionnalité. Je ne le peux pas parce que l'Argentine n'est pas en état [de les accepter]», a déclaré le président argentin Alberto Fernandez dans un entretien à une radio argentine le 11 août, en référence aux négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) qui doivent débuter prochainement.

«Je demande de la confiance car nous ne pouvons pas accepter des conditionnalités qui nous obligeraient à faire des ajustements. Mais nous savons que nous devons remplir nos obligations», a-t-il ajouté.

L'Argentine a reçu 44 milliards de dollars d'un prêt total de 50 milliards accordés en 2018 par le FMI sous le mandat de l'ancien président de centre-droit Mauricio Macri (2015-2019). Les premières échéances de cet emprunt tomberont fin 2021.

Lors de sa prise de fonction fin 2019, Alberto Fernandez a refusé le décaissement des dernières tranches et proposé la négociation d'un nouveau programme de financement avec le FMI.

Le président de centre-gauche a rappelé le soutien accordé par le FMI à l'Argentine pendant les longs mois de négociations avec les créanciers pour la restructuration de 66 milliards de dollars de dette émis sous législation étrangère, qui ont abouti début août à un accord.

Le président argentin a justifié son refus en expliquant : «Si le Fonds a dit, comme c'était le cas, que la dette n'est pas soutenable, c'est parce qu'il estimait que l'Argentine ne pouvait pas mobiliser de moyens (supplémentaires). C'est la même chose que de dire que l'Argentine n'a pas les moyens d'un ajustement.»

Le ministre de l'Economie, Martin Guzman, a pour sa part prédit le même jour dans un entretien à une radio locale une négociation longue et complexe «en raison de la quantité de points à négocier», ajoutant que le gouvernement discuterait «chaque détail sur la base de la prudence».

Après deux années de récession, l'Argentine est plus que jamais dans une situation difficile : 40% de ses 45 millions d'habitants vivent dans la pauvreté et l'inflation annuelle reste très élevée, autour de 40%.

La pandémie de Covid-19 et le confinement ont encore aggravé la situation. Le produit intérieur brut, après un recul de 2,5% en 2018 et de 3% en 2019 (PIB), devrait se contracter de 9,9% en 2020, selon les prévisions du FMI. La dette totale du pays s'élève à 324 milliards de dollars, soit près de 90% du PIB.

Rigueur budgétaire

En juin 2018, l’institution financière et le gouvernement précédent s’étaient mis d’accord pour assortir le prêt de 50 milliards de dollars d’un programme économique en «quatre pilliers», selon les termes employés dans un communiqué de presse du FMI publié au moment de l’accord.

Le premier, intitulé «Rétablir la confiance des marchés», prévoyait de réduire «les besoins de financement de l’Etat fédéral» et de réduire la dette publique. Autrement dit, une politique de rigueur fixant une trajectoire budgétaire visant à faire passer le solde primaire des administrations publiques (solde budgétaire hors charges de la dette) de -2,8% en 2018 à + 1,3% en 2023.

L’institution estimait que cette politique économique «contribuera[it] à créer une trajectoire précise vers une croissance vigoureuse, soutenue et équitable, ainsi qu’une création d’emplois robuste».

Toutefois, un programme d’austérité budgétaire avait commencé à être mis en œuvre par le président dès le début de son mandat en 2015 et n’avait pas donné de résultats probants en ce qui concerne la croissance (-2,1% en 2016, -2,5% en 2018 et -3% en 2019).

Et surtout, elle s’était accompagnée d’une brutale hausse du taux de pauvreté à mi-mandat, passant de 27% en 2017 à 32% l’année suivante, selon les données de la Banque mondiale.

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