Covid-19 : le Royaume-Uni enregistre sa plus forte baisse d’activité jamais enregistrée

Covid-19 : le Royaume-Uni enregistre sa plus forte baisse d’activité jamais enregistrée© POOL New Source: Reuters
Le chancelier britannique de l'Echiquier Rishi Sunak, pose un autocollant invitant à «manger dehors» sur la vitrine d'un commerçant lors d'une rencontre avec des hommes d'affaires locaux à Rothesay, en Ecosse, le 7 août 2020 (illustration).

Le produit intérieur brut du Royaume-Uni a chuté de plus de 20% au second trimestre. C’est le pire résultat depuis 1955. En outre, le pays compte un million de demandeurs d’allocations chômage de plus que lors de la crise financière de 2008-2009.

Le produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni a chuté au second trimestre de 20,4%, selon le dernier bulletin de l’Office national des statistiques (Office for National Statistics - ONS). C’est sa plus forte contraction trimestrielle depuis 1955, année où l’ONS a commencé à mesurer la progression économique du pays tous les trois mois. Compte tenu du fait que le PIB s’était déjà contracté de 2,2% au cours des trois premiers mois de l’année, le Royaume-Uni entre officiellement en récession.

La perte d’activité a été particulièrement forte dans le secteur des services, et la chute de la consommation des ménages, largement provoquée par les mesures de restriction imposées pour ralentir la progression de l’épidémie, est responsable de 70% de la baisse de l’activité économique.  

Le Royaume-Uni aura signé la plus mauvaise performance en Europe au deuxième trimestre, devant l'Espagne (-18,5%), tandis qu’en France, la contraction a été de 13,8%. Le pays, qui compte le plus grand nombre de décès causés par coronavirus en Europe (46 526 à la date du 12 août selon l’Organisation mondiale de la santé), fait les frais d'un déconfinement plus lent qu'ailleurs sur le continent, et d'une économie qui dépend fortement des services, notamment des transports et des commerces.

730 000 emplois détruits au second trimestre

La récession a d’ores et déjà eu un impact très fort sur le marché du travail, avec une baisse de 730 000 du nombre de personnes en emploi salarié entre mars et juillet. Pourtant, le taux de chômage calculé selon la méthodologie britannique est resté pratiquement stable depuis le début de la crise, ne perdant qu’un dixième de point de pourcentage, à 4% contre 3,9% au début de l’année.

«La relative stabilité des chiffres du chômage peut paraître surprenante, étant donné qu'il y a des baisses notables du nombre d'emplois. Cependant, une première analyse a suggéré qu'une proportion plus importante que d'habitude de ceux qui ont quitté leur emploi n’en cherchaient pas de nouveau et devenaient donc inactifs plutôt que chômeurs», explique l’ONS dans un rapport publié sur son site en juillet.

En outre, selon le département du Travail et des Retraites, le nombre de personnes s’inscrivant pour percevoir des indemnités de chômage a atteint 2,7 millions, soit près d’un million de plus qu’au plus fort de la crise financière de 2008-2009.

Interrogé par l’AFP quelques heures avant la publication des statistiques trimestrielle de l’ONS, Michael Hewson, analyste chez CMC Markets, prévoyait que les chiffres du PIB ne seraient «pas jolis», mais pour lui, la question la plus importante était la vitesse à laquelle l'économie britannique rebondirait.

Une reprise incertaine

Mais début juillet, le chancelier de l'Echiquier (équivalent d'un ministre des Finances) Rishi Sunak reconnaissait ne pas être en mesure de faire des prédictions, se bornant à déclarer à la presse : «Je suis tout à fait inquiet de l'état de l'économie. Nous entrons dans une récession très importante.»  

La Banque d’Angleterre a de son côté publié récemment ses prévisions. Malgré les chiffres alarmants du second trimestre, elle prévoit pour l’ensemble de l’année 2020 une baisse du PIB limitée à 9,5%. Mais elle anticipe une reprise lente en 2021 et prévoit que l'économie ne retrouvera son niveau d'avant la pandémie qu'en 2022.

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