Les transferts d’argent de l'Europe vers l’Afrique minés par la crise sanitaire

Les transferts d’argent de l'Europe vers l’Afrique minés par la crise sanitaire Source: RT France
La crise sanitaire impacte les transferts d'argent de l'Europe vers l'Afrique. Ici, Edwige Bony, coiffeuse à Abidjan.

L’épidémie de Covid-19 affecte les économies du monde de nombreuses manières. Selon la Banque mondiale, les transferts d’argent vers les pays en développement, parmi lesquels les pays africains, devraient connaître un recul de plus de 20% en 2020.

Comme l'ensemble du monde, le continent africain pâtit économiquement des mesures restrictives visant à endiguer l'épidémie de Covid-19 et de la chute du commerce international. Mais l'économie africaine est également affectée par la baisse importante des habituels transferts d'argent de la diaspora africaine en Europe.

Dans un des quartiers commerçants de la capitale économique ivoirienne Abidjan, Edwige Bony, coiffeuse, ouvre comme d'habitude les portes de son salon de coiffure à ses clientes – mais celles-ci se font plus rares en cette période de crise sanitaire. A cela s'ajoute une autre difficulté : depuis la pandémie, les transferts d'argent dont Edwige bénéficie de ses proches ont considérablement diminué.

Vivement que cette pandémie parte, je ne sais pas comment on va vivre

«Avant je recevais 1 000 euros. Maintenant je reçois 500 ou 300 euros. [Mes proches] m'ont dit qu'ils ne travaillent pas et qu'ils ne perçoivent plus de salaire, donc le peu qu'ils ont, ils me l'envoient», confie-t-elle. La jeune femme craint des difficultés financières : «Vivement que cette pandémie s'en aille, sinon je ne sais pas comment on va vivre.»

A Cocody, commune résidentielle du département d'Abidjan, un gérant de transferts d'argent explique qu«avant [la pandémie], les clients venaient pour des montants entre 2 000 et 3 000 euros. Maintenant, les clients viennent pour 200, 300 [voire même] 50 euros».

 Il est possible que l'on parte vers des situations de précarité pour de nombreuses populations

Pour Charles Lévy, économiste chez Bloomfield Investment Corporation, en cas de prolongement de la crise sanitaire, c'est tout une partie de la population qui risque de se retrouver précarisée. Il affirme que «les transferts de migrants sont une source de financement importante pour les familles dans la mesure où ces familles utilisent ces transferts [d'argent] pour tout ce qui concerne l'alimentation et l'éducation» voire aussi pour des investissements. «Il est possible que l'on parte vers des situations de précarité pour de nombreuses populations», ajoute-t-il.

Si la situation inquiète, une maîtrise de la pandémie suivi d'une reprise de l'économie mondiale pourrait changer la donne. En tout état de cause, un rapport de la Banque mondiale publié fin avril estimaient que les transferts d'argent vers les pays en développement chuteraient de 20% cette année.

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