Effondrement des cours du brut : Trump se dit prêt à intervenir «au moment opportun»

Effondrement des cours du brut : Trump se dit prêt à intervenir «au moment opportun» Source: Reuters
Le président des Etats-Unis Donald Trump (g.) et le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors du sommet des dirigeants du G20 à Osaka, au Japon, le 28 juin 2019 (illustration).

A six mois de l'élection présidentielle, l’effondrement des cours du brut, qui pourrait entraîner des faillites dans le secteur du pétrole de schiste aux Etats-Unis, préoccupe le locataire de la Maison Blanche.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a déclaré jeudi 19 mars lors d’un point presse à la Maison Blanche qu'il s'impliquerait dans la guerre des prix du pétrole entre l'Arabie saoudite et la Russie «au moment opportun». Il a avancé que les bas prix du pétrole étaient bons pour les consommateurs américains, mais qu'ils nuisaient à l'industrie pétrolière du pays.

La fin de la coopération entre l'Arabie saoudite et la Russie entamée en 2016 pour limiter la production de pétrole et en soutenir les cours a en effet abouti à une brutale surabondance de l’offre. Cette dernière, cumulée à un très fort recul de la demande lié aux effets de la pandémie mondiale du nouveau coronavirus, a entraîné un effondrement des cours du brut vers un seuil bas qui n'avait plus été atteint depuis près de 20 ans.

Le West Texas Intermediate (WTI), brut américain de référence, a par exemple plongé en dessous de 22 dollars le 18 mars, alors qu’il avait débuté l’année aux environs de 63 dollars. Le même jour, le baril de Brent de la mer du Nord était descendu en dessous de 27 dollars, contre 67 dollars le 1er janvier.

«C'est très dévastateur pour la Russie parce que lorsque vous regardez cela, toute leur économie est basée sur cela et nous avons les prix du pétrole les plus bas depuis des décennies», a également analysé Donald Trump, en référence au fait que le rouble a connu au cours de la semaine passée une forte baisse face au dollar et à l’euro.

Toutefois, la part des ressources tirées des hydrocarbures n’a cessé de baisser dans le budget russe au cours de la décennie écoulée, alors qu’elle représente encore près de 90% des recettes du budget du royaume saoudien, allié régional de Washington.

Risque de faillite du royaume saoudien

Le site Oil prices, référence pour les marchés du pétrole, a en outre récemment publié une tribune dans laquelle le journaliste financier et ancien cadre supérieur du Crédit Lyonnais Simon Watkins allait jusqu’à avancer que l’effondrement des cours du brut pourrait mettre en faillite l’Etat saoudien.

Il estime en outre que cette situation pourrait ruiner les producteurs américains, dont les coûts de production sont nettement plus élevés que ceux de leurs concurrents russes et saoudiens. Beaucoup redoutent une consolidation du secteur qui se traduirait par le rachat, dans les pires conditions, des plus petites compagnies par les plus grosses.

Le Wall Street Journal, quotidien financier de référence aux Etats-Unis, citant des sources non identifiées, affirme en outre que l’administration Trump s’apprête à intervenir par la voie diplomatique auprès de Riyad pour lui demander de réduire sa production, et envisagerait de nouvelles sanctions contre la Russie. 

Les producteurs de pétrole de schiste américains au bord du gouffre

Pour sa part, l’agence de presse américaine Reuters rapporte que plusieurs membres du Congrès des Etats-Unis ont affirmé que l’Arabie saoudite et la Russie cherchaient à couler l’industrie américaine du pétrole de schiste.

Au cours des deux dernières années, les Etats-Unis ont profité des prix relativement élevés (au-dessous de 60 dollars le baril) pour ravir à la Russie et à l’Arabie saoudite la place de premier producteur mondial de pétrole. 

Neuf sénateurs républicains, parmi lesquels Kevin Cramer, conseiller pour l’énergie de Donald Trump durant la campagne présidentielle de 2016, ont eu une convesration en millieu de semaine avec l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis pour tenter de convaincre le royaume de cesser d’inonder les marchés de pétrole. 

Enfin, le département d’Etat a annoncé que le président des Etats-Unis avait eu le 9 mars une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed Ben Salmane à propos des marchés pétroliers, sans donner de détails sur la teneur de cet entretien.  

Jean-François Guélain

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