Les Etats-Unis pourraient interdire à Safran et GE de livrer des réacteurs d’avions à la Chine

Les Etats-Unis pourraient interdire à Safran et GE de livrer des réacteurs d’avions à la Chine Source: Reuters
Le cinquième prototype du C919 construit en Chine décolle pour son premier vol d'essai depuis l'aéroport international de Shanghai Pudong (Chine) le 14 octobre 2019 (illustration)

Des sources citées par les agences évoquent la possibilité d’une prochaine interdiction de livrer des réacteurs destinés à l’avionneur chinois Comac. Une arme à double tranchant qui pourrait pénaliser Boeing au lieu de le protéger de la concurrence

L’administration des Etats-Unis réfléchirait à l’interdiction de livrer des moteurs produits par CFM – co-entreprise réunissant GE (ex-General Electric) et le français Safran (ex-Snecma) – pour les nouveaux avions de ligne chinois, selon des «sources proches du dossier» citées par l’agence Reuters.

Cette restriction potentielle imposée à la vente de moteurs pourrait être étendue à d’autres composants tels que les systèmes de commande de vol fabriqués par l’entreprise américaine Honeywell. Une nouvelle étape dans la bataille entre les deux plus grandes économies du monde sur le commerce et la technologie.

Cette question doit être soulevée lors d'une réunion interministérielle prévue pour le 20 février et une autre réunion avec des membres du cabinet du président Donald Trump prévue le 28 février, selon des sources citées par Reuters.

La Maison Blanche et le département américain du Commerce, qui octroie des licences pour ces exportations, ont toutefois refusé de commenter cette information de même que GE et les ministères concernés aux Etats-Unis.

Depuis des années, les Etats-Unis soutiennent les entreprises américaines dans le secteur naissant de l'aviation civile en Chine. Le gouvernement a accordé des licences qui permettent à ces sociétés de vendre des moteurs, des systèmes de commande de vol et d'autres composants pour le premier gros avion commercial chinois, le COMAC C919. Le jet à fuselage étroit a déjà effectué des vols d'essai et devrait entrer en service l'année prochaine.

Une arme à double tranchant pour l'administration américaine

Mais l'administration Trump se demande s'il faut désormais refuser la dernière demande de licence pour fournir le moteur CFM LEAP-1C pour le C919, bien que CFM ait obtenu des licences pour les moteurs LEAP depuis 2014 et en ait obtenu une dernière en mars 2019.

La perspective d’une interdiction des livraisons des moteurs a également été évoquée le 14 février par le Wall Street Journal. Safran n'a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaire de Reuters, pas plus que le gouvernement français.

Mais l'autorisation future de telles ventes pour les avions de passagers de la COMAC pourrait faire l'objet d'un débat. Honeywell a également demandé une licence pour la technologie des commandes de vol afin de participer au développement du C929, le projet russo-chinois d'avion à réaction à large fuselage. Celui-ci devrait être amené à concurrencer les Boeing 787 et les Airbus A350

Le choix est délicat pour les Etats-Unis selon une autre «source proche du dossier» citée par Reuters. Car, bien que ces interdictions potentielles aient visiblement pour objectif de protéger Boeing très ébranlé par la crise du 737 max dans la compétition mondiale, elles pourraient au contraire l'handicaper.

La Chine pourrait en effet riposter en commandant plus d'avions à Airbus qu'à Boeing, pour qui le marché chinois représente désormais près d’un quart des débouchés commerciaux possibles.

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