La Commission européenne prête à taxer pour 35 milliards de produits américains

La Commission européenne prête à taxer pour 35 milliards de produits américains Source: AFP
Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, prononce un discours sur les relations commerciales avec les Etats-Unis à la Commission européenne à Bruxelles le 18 janvier 2019 à Bruxelles.

La commissaire au commerce a annoncé qu’une liste de produits fabriqués aux Etats-Unis pour un montant de 35 milliards d’euros était prête à répondre à une éventuelle taxe sur les voitures européennes.

Lors d’une audition devant le Parlement européen, le 23 juillet, la commissaire au Commerce Cecilia Malmström a affirmé que la Commission européenne avait dressé une liste de biens américains, à hauteur de 35 milliards d'euros, susceptibles d'être taxés en rétorsion à d'éventuelles hausses des droits de douane américains sur les automobiles européennes.

«S'il devait y avoir des droits de douane, nous disposerions d'une liste de rééquilibrage. Elle est déjà prête pour l'essentiel, à hauteur de 35 milliards d'euros», a-t-elle déclaré, ajoutant : «J'espère qu'on n'aura pas à l'utiliser.»

Le président américain Donald Trump menace depuis des mois de taxer les voitures européennes au nom de la sécurité des Etats-Unis. Mais il a concédé un sursis le temps que les deux parties négocient un accord commercial restreint, que l’Europe veut limiter aux biens industriels.

«Nous nous félicitons de la décision des Etats-Unis de ne pas encore imposer de droits de douane sur les voitures et les pièces détachées. Mais bien sûr, l'idée même que les voitures européennes puissent constituer une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis est absurde», a commenté la commissaire suédoise.

En ce qui concerne l'accord sur les produits industriels, Cecilia Malmström a révélé que les discussions n'avaient pas encore commencé. «Les Etats-Unis ne sont pas prêts à le faire si l'agriculture n'est pas incluse, ce qui est une ligne rouge pour nous. Donc pour le moment, rien ne se passe», a-t-elle expliqué.

Une source proche du dossier avait affirmé en février à l'AFP que les produits chimiques, le charbon, les automobiles (notamment Ford, General Motors et Tesla), ainsi que des entreprises comme Caterpillar ou Xerox, faisaient partie de cette liste, qui s'élevait alors à 20 milliards d'euros. Il s'agit de produits fabriqués sur le territoire américain et non pas de ceux de ces marques américaines susceptibles d'être fabriqués partout dans le monde.

10 000 euros de surcoût pour les véhicules importés d'Europe

L'UE avait déjà établi une liste de produits américains emblématiques, comprenant par exemple les jeans ou le bourbon, qu'elle avait décidé de taxer lorsque les Etats-Unis s'en étaient pris à son acier et son aluminium en juin 2018. Selon la Commission européenne, une taxe américaine de 25% sur les voitures étrangères renchérirait en moyenne de 10 000 euros le prix des véhicules importés depuis l'Union européenne.

Soumettre les voitures et les pièces automobiles européennes à de nouvelles barrières tarifaires marquerait une escalade significative des tensions transatlantiques, car la valeur des exportations automobiles de l’UE sur le marché américain est environ 10 fois supérieure à celle de ses exportations d’acier et d’aluminium. C’est d’ailleurs pour prendre en compte ce changement de volume visé par les barrières tarifaires décidées par l’administration Trump que l’UE prévoit de taxer de nouveaux produits américains.

Il y a près d’un an, Donald Trump et le président de la Commission européenne s’étaient rencontrés à Washington pour établir une feuille de route en vue de signer un accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, s’était félicité de cette rencontre en proclamant sur son compte twitter : «Félicitations à Jean-Claude Juncker et Donald Trump : percée réalisée qui peut éviter une guerre commerciale et sauver des millions d'emplois ! Très bon pour l’économie mondiale !»

Mais dès le lendemain, le ministre français de l’Economie chantait une autre musique en commençant par dire qu’une «bonne discussion commerciale ne peut se faire que sur des bases claires et ne peut pas être conduite sous la pression», avant d’exiger que l’agriculture reste en dehors des discussions.

En février 2019, le Parlement européen a par ailleurs voté une résolution autorisant l’ouverture officielle de négociations commerciales avec les Etats-Unis en vue de signer un accord commercial portant sur les biens industriels et excluant l’agriculture. Mais les Etats-Unis continuent d’exiger des débouchés renforcés pour leur agriculture, et en particulier leurs producteurs de colza, auxquels le conflit commercial sino-américain a déjà fait perdre le marché chinois.

Lire aussi : Pour le FMI, les barrières douanières n’ont pas d’effet sur les déséquilibres commerciaux

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