Pour le patron de Gazprom, Nord Stream 2 a passé «un point de non-retour» et sera bientôt en service

- Avec AFP

Pour le patron de Gazprom, Nord Stream 2 a passé «un point de non-retour» et sera bientôt en service Source: Sputnik
Ouvriers sur le chantier de construction du gazoduc Nord Stream 2 dans la région de Saint-Pétersbourg (Russie), le 5 juin 2019.

Malgré les hésitations du Danemark et les menaces américaines, Alexeï Miller est confiant. Le patron de Gazprom a affirmé que le projet Nord Stream 2 avait atteint un «point de non-retour», et que le gazoduc entrerait en service début 2020.

«Nous partons du principe que Nord Stream 2 sera mis en œuvre strictement dans les délais, soit avant la fin de 2019 pour une mise en service début 2020», a déclaré Alexeï Miller, le président de Gazprom, cité par l’AFP à l'occasion de la réunion annuelle des actionnaires du géant gazier russe, le 28 juin à Saint-Pétersbourg.

Le gazoduc doit permettre d'acheminer du gaz russe vers l'Allemagne et le reste de l'Europe, via le fonds de la mer Baltique en doublant un premier gazoduc (Nord Stream) entré en service en juin 2011. Il doit traverser les zones maritimes de cinq pays : Russie, Finlande, Suède, Danemark et Allemagne.

Le dernier obstacle à ce projet pharaonique, d'un coût de 11 milliards d'euros, est l'obtention de l'accord du Danemark pour que le gazoduc, d'une capacité de 55 milliards de mètres cubes par an, traverse sa zone économique exclusive, bande située au-delà de ses eaux territoriales.

«Le travail est en cours. Le point de non-retour sur ce projet a été atteint depuis longtemps, il n'y a aucune possibilité légale d'arrêter le projet», a affirmé le patron de Gazprom qui a également précisé que même en l'absence de cette autorisation «le projet serait terminé dans les délais».

Aujourd'hui, la plus grande partie du gaz russe à destination de l'Europe transite par l'Ukraine (plus de 80% en 2018 selon Gazprom). Or l'accord de transit entre la Russie et l'Ukraine s'achève fin 2019 et les deux pays, dont les relations se sont fortement dégradées depuis cinq ans, peinent à se mettre d’accord pour le renouveler, malgré la médiation de l’Union européenne (UE).

Incertitude pour l'approvisionnement de l'Europe

Bruxelles tente en effet une rupture d'approvisionnement de l'Europe en gaz russe, à l'échéance du contrat de transit actuel. Par ailleurs, Bruxelles redoute qu'une fois achevé Nord Stream 2 renforçant Nord Stream (déjà en service), Gazprom cesse totalement de passer par l'Ukraine, la privant d'une manne de plusieurs milliards d'euros de droits de transit vitale pour son économie exsangue. 

L'Ukraine ne sera pas en mesure de signer un nouveau contrat de transit respectant le droit de l'UE avant la fin de l'année

Pour compliquer la situation, l'administration américaine de Donald Trump et son secrétaire à l'Energie Rick Perry accumulent les déclarations incendiaires et les menaces de sanctions contre Nord Stream 2, et les entreprises européennes associées à son exploitation ou participant à sa construction. 

A propos des perspectives d'approvisionnement via le gazoduc Droujba (Amitié), Alexeï Miller a proposé son résumé de la situation en déclarant : «Les conditions sont simples : l'Ukraine ne sera pas en mesure de signer un nouveau contrat de transit respectant le droit de l'UE avant la fin de l'année. Ce train est déjà parti... Nous disons : nous sommes prêts à prolonger le contrat existant.»

Lire aussi : S-400, Nord Stream 2 : quand la «menace russe» s'invite aux 70 ans de l'OTAN

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