Au 18e Forum Afrique à Paris, le développement économique du continent en question (ENTRETIENS)

Au 18e Forum Afrique à Paris, le développement économique du continent en question (ENTRETIENS)© Rogan Ward Source: Reuters
Le port de Durban, en Afrique du Sud (image d'illustration).

Le Forum économique international sur l’Afrique organisé par l’OCDE, est le rendez-vous annuel des décideurs et entrepreneurs africains. Louis Keumayou, journaliste du Club de l'information africaine, couvrait l’événement pour RT France.

Décideurs, entrepreneurs du secteur privé, représentants d'universités et d’organisations internationales de toute l'Afrique se sont retrouvés à Paris, à l'occasion du Forum Afrique à partir de ce 31 octobre, pour discuter des défis économiques et des perspectives de développement du continent.

Cette année, la publication d’un rapport sur l’économie africaine, produit pour la première fois par la commission de l’Union africaine, a donné lieu à de nombreuses réflexions concernant les transformations du continent. Les thématiques analysées par ce rapport concernaient en premier lieu la coopération et le développement économiques ainsi que la migration. Louis Keumayou, journaliste du Club de l'information africaine, a interrogé plusieurs des invités de l'événement pour RT France.  

Comment dynamiser le développement économique du continent ? Pour Ludovic Emanuely, président de l'ONG Croissance peace, cela ne fait aucun doute : il faut multiplier les partenariats privé-privé, bien plus avantageux selon lui que les partenariats public-privé. «Le moteur dans les économies africaines, ce sont les privés, et le public est là pour parrainer ces partenariats privé-privé qui vont permettre une croissance partagée», affirme-t-il. En quoi seront-ils vraiment bénéfiques pour l’Afrique, qui s’est souvent retrouvée perdante dans les relations bilatérales ? «La croissance partagée a cet avantage de rendre l’Afrique décisionnaire, c’est elle qui a les clés», estime le président de Croissance peace.

Feliciano de Carvalho Andrelino, président fondateur de l’agence Aldeci en Guinée-Bissau est venu faire son marché pour trouver des partenaires techniques ou financiers afin de développer des projets d’envergure pour son pays. Ce porteur de projets bouillonne d’idées. «On a des projets dans le domaine des infrastructures, de villes nouvelles, des infrastructures routières dont la Guinée Bissau a besoin cruellement. En ce moment on ne peut pas faire avancer ces pays sans ces projets», explique-t-il. «Sans industrialisation de l’Afrique, on ne peut pas avancer, on stagne. On est très en retard, c’est cela dont le rapport a parlé», conclut-il.

D’autres acteurs du développement africain partagent son inquiétude, tel Raoul Gange, président de la plateforme Diaspora afro-européenne. Il reconnait que le «rapport balise de nouvelles perspectives» mais note également qu’il n’y a «pas assez d’infrastructures pour amener le développement en Afrique». Il déplore que les rapports entre l’Afrique et l’Union européenne n’aient pas beaucoup progressé, et que son continent soit parfois englué dans des difficultés menaçant les perspectives de développement, comme des retards de visas ou divers blocages administratifs entravant les investisseurs africains.

Enthousiastes mais pragmatiques, réalistes quant aux difficultés qui pèsent sur le continent, les acteurs du développement africain semblent vouloir s'atteler à identifier leurs problèmes et créer de nouveaux types de partenariats et d'alliances fructueuses.

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