Dans Le Figaro, le patron de Rosatom rappelle l’étendue de la coopération nucléaire franco-russe

Dans Le Figaro, le patron de Rosatom rappelle l’étendue de la coopération nucléaire franco-russe Source: Reuters
Alexeï Likhatchev, directeur général de Rosatom, prend la parole au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le 25 mai 2018 (illustration).

Très ancienne, la coopération franco-russe dans le nucléaire connait de nouveaux développements dans de nombreux domaines. Plusieurs accords avaient déjà été signés lors de la visite du président Français à Saint-Pétersbourg en mai.

«Notre stratégie internationale passe par la coopération avec des partenaires étrangers. Dans chacun de nos projets, vous trouverez des composantes étrangères, et notamment françaises», explique Alexeï Likhatchev, directeur général de Rosatom, leader mondial de l’industrie nucléaire dans une interview publiée ce 28 juin dans Le Figaro.

Dans le même entretien il ajoute : «Nous entretenons des relations de partenariat avec la France dans différentes régions du monde et Rosatom entretient des relations bilatérales étroites avec des entreprises françaises telles qu'EDF, Orano (ex-Areva), Framatome et Schneider Electric […] La France et la Russie croient à l'avenir du secteur nucléaire.»

La France et la Russie croient à l'avenir du secteur nucléaire

Il revient également sur la visite d'Emmanuel Macron à Saint-Pétersbourg en mai, lors du Forum économique international. A cette occasion, Rosatom et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) avaient signé un accord de coopération couvrant un large éventail de domaines comme la conception et les essais pour les réacteurs de quatrième génération à neutrons rapides (RNR). Une technologie permettant de réutiliser plusieurs fois le combustible, donc de réduire les besoins de stockage de déchets nucléaires. Il évoque aussi la joint-venture avec Alstom, désormais passé sous contrôle du groupe américain General Electric, créée en 2010 pour l’équipement de la centrale nucléaire de Kaliningrad, mais aussi des centrales en Turquie, Finlande et Hongrie pour un montant d’environ 7 milliards d'euros.

«Le secteur nucléaire français a reçu jusqu'à 1 milliard d'euros de chaque réacteur nucléaire construit par Rosatom, grâce aux contrats pour des équipements tels que les turbines et les systèmes de contrôle», précise Alexeï Likhatchev. On n’en est pas au développement d’un réacteur franco-russe, mais des négociations sont en cours avec la France pour un programme de modernisation des réacteurs nucléaires afin de prolonger leur durée de vie.

Accord entre Rosatom et EDF 

Pour réaliser cet interview, Le Figaro a profité de la visite en France du patron de Rosatom, venu signer le 27 juin un important protocole d'accord avec EDF dans le domaine de la recherche et du développement, sur lequel il a donné quelques détails : «Nous voulons mener des recherches conjointes dans le domaine du contrôle du cycle de vie des équipements, de la numérisation et de la simulation, des technologies additives et d'un certain nombre d'aspects des réacteurs à fission rapide.»

Peu de temps auparavant, Rosatom et le français Engie avaient scellé un programme de coopération couvrant la période 2017-2019, en marge du forum Atomexpo. Cet accord porte sur une vingtaine de projets dans les domaines de la maintenance nucléaire, de la fourniture d'électricité et du cycle du combustible. Les deux groupes vont également mener ensemble certaines opérations dans l'énergie éolienne et d'autres sujets d'intérêt mutuel. Enfin le 27 juin, le site spécialisé Cerclefinance.com révélait que la société française Bureau Veritas, leader mondial de la certification technique, avait annoncé la signature avec JSC Engineering Company ASE (division d'ingénierie de Rosatom), d'un accord de partenariat stratégique destiné au développement de plateformes numériques pour l'industrie nucléaire.

Un leader mondial du nucléaire civil 

Rosatom se classe au 1er rang mondial par le nombre de contrats de construction de centrales nucléaires à l’étranger (35 dans 11 pays) ; il est second pour les réserves d’uranium, et fournit 17% du marché mondial de combustible nucléaire. C’est un groupe public intégré qui assure l’ensemble du cycle de l’énergie nucléaire, de l’extraction d’uranium à la production d’électricité au travers de 300 entités ou filiales employant 255 000 personnes. C’est également la seule entreprise au monde disposant d’une flotte de brise-glace nucléaires. Une exclusivité russe visant à proposer au fret maritime mondial une alternative à la route passant par le canal de Suez et les détroits de l'océan Indien et de la mer de Chine méridionnale.

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