En Allemagne, des voix se font entendre pour critiquer l'expulsion de quatre diplomates russes

En Allemagne, des voix se font entendre pour critiquer l'expulsion de quatre diplomates russes Source: Reuters
Conversation entre Vladimir Poutine et Angela Merkel, le 7 juillet 2017 lors du sommet du G20 à Hambourg (Allemagne).

Au sein du Parti social-démocrate allemand (SPD) ainsi que d'organisations patronales, la réaction de Berlin à l'affaire Skripal ne fait pas l'unanimité. En jeu : un volume d'exportations en hausse vers la Russie.

La décision des autorités allemandes d’expulser quatre diplomates russes divise au sein du SPD, deux semaines après l'aboutissement laborieux de la formation d’un gouvernement de coalition. Motivée par les allégations d’empoisonnement au moyen d'un agent innervant par la Russie de l’ancien agent double russe Sergueï Skripal, elle a fait réagir le social-démocrate Gernot Erler. Bien qu’il ne remette pas en cause la thèse britannique de la responsabilité de la Russie, il a déclaré dans une interview publiée le 28 mars dans le quotidien régional Passauer Neue Presse : «Il est important de maintenir les canaux de communication ouverts et de poursuivre le dialogue avec Moscou. Nous devons tout faire pour empêcher une nouvelle guerre froide avec la Russie !» Dans le même article il estime que 

l’opinion selon laquelle, en cas de doute, Poutine et les Russes sont responsables de tout, empoisonne la pensée et doit cesser

Pourtant des membres de premier plan du Parti social-démocrate (SPD) sont allés plus loin dans leurs déclarations. Ainsi, l’ancien commissaire européen chargé de l'Entreprise et de l'Industrie, Günter Verheugen, cité par le Spiegel Online a déclaré que «toute sanction [devait] s'appuyer sur des faits et non des suspicions». Il a par ailleurs déclaré : «Nous devrions poursuivre une politique visant à réduire les tensions et, par conséquent, à réduire les sanctions.» Un point de vue salué par Sigmar Gabriel, qui était ministre des Affaires étrangères dans le précédent gouvernement, selon lequel les commentaires de Günter Verheugen étaient un signe «de courage et de sang-froid».

Bien que les membres de la CDU, le parti d'Angela Merkel, n’aient, eux, pas réagi, les cercles économiques allemands expriment leur inquiétude. Ainsi, le Comité oriental de l'économie allemande (Ost-Ausschuss der Deutschen Wirtschaft) a mis en garde contre des «conclusions excessivement hâtives». Le communiqué publié le 27 mars sur son site déclare : «Le cas Skripal illustre une perte dramatique de confiance entre l'Est et l'Ouest. Il doit être clair pour tous […] que les choses ne peuvent pas continuer ainsi et que des efforts conjoints urgents sont nécessaires pour la désescalade.»

Berlin se dit finalement prêt... à remplacer les diplomates russes

Ces considérations à la fois circonspectes et alarmistes pourraient trouver leur origine dans l’embellie récente des relations économiques entre Berlin et la Moscou. Ainsi, d’après les calculs de l’agence Reuters, les exportations allemandes vers la Russie ont augmenté pour la première fois depuis 2012, après être tombées à un niveau très bas. A l'époque elles représentaient un montant de 38 milliards d’euros. Sur les 11 premiers mois de l’année 2017, elles sont remontées à 24 milliards d’euros.

Le soir du 28 mars, il est d'ailleurs à noter que le ministère allemand des Affaires étrangères faisait savoir... que la Russie pourrait remplacer les quatre diplomates sommés de quitter l'Allemagne. «Ce que nous avons fait, c’est de déclarer des diplomates personae non gratae sur la base de l’article 9 de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Cela n’a aucun effet sur la taille de la mission diplomatique», a ainsi expliqué un porte-parole du ministère lors d'une conférence de presse.

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