La double circulation de monnaies serait un «danger» selon le gouverneur de la banque de France

- Avec AFP

La double circulation de monnaies serait un «danger» selon le gouverneur de la banque de France© ERIC PIERMONT Source: AFP
Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a estimé que la coexistence en France de l'euro – en tant que monnaie d'échanges internationaux – et du franc, que propose Marine Le Pen, pénaliserait les plus modestes et les PME.

«On entend notamment avancer certaines hypothèses de double monnaie avec le retour à une monnaie nationale en parallèle d'une monnaie européenne», a déclaré le 4 mai François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, lors d'une conférence à la Banque de France (BdF). Une allusion sans équivoque à la proposition du Front national (FN) .

«Je me dois de dire que de telles hypothèses mettraient en danger la confiance dans la monnaie», a affirmé le gouverneur, dans une rare intervention dans le débat politique français, à trois jours seulement du second tour de la présidentielle.

François Villeroy de Galhau, qui a jugé bon de rappeler l'indépendance de la Banque de France, s'est employé à démontrer que cette double circulation de monnaies se ferait au détriment de la devise nationale. 

«Cette double circulation n'existe dans aucun pays avancé», a-t-il assuré. «Ailleurs, là où il y a, ou bien là où il y a eu, deux monnaies qui circulent et avec lesquelles on peut payer, l'une inspire moins confiance que l'autre», a-t-il estimé, avant de lancer un avertissement. 

«En général, c'est la monnaie nationale qui en souffre, la seule qui soit accessible aux ménages et notamment aux plus modestes ainsi qu'aux PME», a mis en garde le gouverneur, soulignant le risque que la monnaie nationale perde vite de la valeur avec des prix qui augmenteraient beaucoup trop et un impact négatif sur le pouvoir d'achat.

Lors du débat télévisé du 3 mai, Marine Le Pen avait réitéré sa proposition de réinstaurer une monnaie nationale comme monnaie du quotidien des Français, tout en négociant parallèlement la transformation de l'euro en une «monnaie commune» pour les échanges internationaux.

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