Mandat d'arrêt requis contre le vice-président et héritier de Samsung

- Avec AFP

Mandat d'arrêt requis contre le vice-président et héritier de Samsung© POOL New Source: Reuters
Lee Jae-Yong, lors de l'enquête parlementaire le 6 décembre sur le scandale de corruption

Les enquêteurs à l'origine de la destitution de la présidente sud-coréenne pour corruption, considèrent désormais Lee Jae-yong, le vice-président de Samsung, comme un suspect dans l'affaire. Il aurait versé plus de 34 millions d'euros de pots-de-vin.

Dans un communiqué, l'équipe d'enquêteurs spéciaux planchant sur l'affaire à l'origine de la destitution de la présidente Park Geun-hye a dit avoir requis un mandat d'arrêt contre le vice-président de Samsung Electronics, qui est le fils du président du groupe Samsung, Lee Kun-hee. Le tribunal du district central de Séoul statuera le 18 janvier.

 

L'arrestation de Lee Jae-yong, qui a été entendu la semaine dernière pendant 22 heures, pourrait avoir un impact «important» sur l'économie sud-coréenne, a reconnu un porte-parole de l'équipe d'enquêteurs, avant de mettre en avant la priorité du groupe d'investigation : «Mais nous pensons que la justice est plus importante.» 

Les enquêteurs avaient fait savoir que Lee Jae-yong était considéré comme un suspect dans ce scandale à tiroirs centré autour de Choi Soon-sil, la confidente de la présidente. Choi Soon-sil est actuellement jugée pour avoir profité de ses relations avec Park Geun-hye afin de soutirer des sommes astronomiques aux conglomérats sud-coréens, qui ont versé des millions de dollars à des fondations privées créées par cette confidente de l'ombre.

«Parjure»

Plus d'une dizaine de personnes ont été arrêtées, dont Choi Soon-sil, les anciens ministres de la Culture et des Affaires sociales, un ancien directeur de cabinet présidentiel et un professeur d'université. Lee Jae-yong, 48 ans, est soupçonné d'avoir approuvé les versements à Choi Soon-sil qui auraient eu pour objectif d'obtenir des faveurs du gouvernement.

Samsung est le conglomérat qui s'est montré le plus généreux auprès des fondations de Choi Soon-sil, en lui versant des millions d'euros sous couvert de financement en Allemagne d'entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de la confidente.

L'ensemble des pots-de-vin versés par Samsung s'élèvent à 43 milliards de wons (34,2 millions d'euros), a déclaré le porte-parole des enquêteurs. Il a précisé que Lee Jae-yong était également soupçonné de détournement de fonds pour avoir utilisé l'argent de Samsung pour ces actes de corruption.

Il s'expose en outre à des poursuites pour «parjure» pour avoir affirmé à une commission d'enquête parlementaire que les versements n'avaient pas été faits en échange de faveurs.

Dans un communiqué, Samsung juge «difficile à comprendre» la requête des enquêteurs, tout en s'en remettant à la justice : «Nous pensons que le tribunal prendra la bonne décision.»

Cela fait des semaines que les enquêteurs entendent Lee Jae-yong et d'autres cadres dirigeants pour déterminer en particulier si le groupe a soudoyé Choi Soon-sil et Park Geun-hye afin d'obtenir le feu vert du gouvernement à une fusion controversée en 2015. Park Geun-hye, accusée pour sa part de «collusion» avec Choi Soon-sil, son amie de 40 ans, a été destituée par le Parlement début décembre. Cette décision doit encore être entérinée par la Cour constitutionnelle.

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