Matteo Renzi menace d'opposer un veto lors du vote sur le budget de l'UE

- Avec AFP

Matteo Renzi menace d'opposer un veto lors du vote sur le budget de l'UE© Eric Vidal Source: Reuters

Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a menacé le 25 octobre, d'opposer son veto lors du vote sur le budget de l'UE à cause de l'afflux important de migrants dans la péninsule, qui se sent abandonnée par certains de ses partenaires.

«Nous donnons 20 milliards (d'euros) à l'Europe qui nous en restitue 12 et si la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie nous font la morale sur les immigrés, alors permettez que l'Italie dise "le mécanisme ne fonctionne plus"», a-t-il lancé au cours d'une émission sur RAI 1, la première chaîne de télévision publique.

Alors qu'on lui demandait si cela signifiait que l'Italie était prête à opposer son veto au budget communautaire, il a répondu «Oui, absolument», sans entrer dans les détails.

Il a poursuivi ses attaques contre les pays de l'UE qui refusent de recevoir des migrants sur leur territoire par plusieurs formules bien tournées.

«Si tu construis des murs contre les immigrés, tu peux oublier l'argent italien. Si les immigrés ne passent pas, l'argent ne passera pas non plus», a-t-il ajouté.

«Si l'Union européenne veut diminuer les dépenses en Italie liées aux migrants, nous les baisserons. Qu'ils ouvrent leurs portes et nous baisserons les dépenses», a-t-il ajouté.

Le ministre italien de l'Economie et des Finances, Pier Carlo Padoan, a confirmé dans la soirée l'arrivée d'une lettre de la Commission européenne demandant des éclaircissements à l'Italie concernant son projet de budget 2017.

L'Italie a prévu un déficit public de 2,3% du PIB en 2017, bien supérieur aux attentes de Bruxelles, en raison des dépenses liées à l'accueil des migrants et des conséquences du tremblement de terre du mois d'août dernier.

«Les éclaircissements demandés sont liés aux dépenses exceptionnelles pour le tremblement de terre et pour l'immigration», a déclaré Pier Carlo Padoan lors d'une émission télévisée.

L'Italie, qui a vu débarquer près de 155 000 personnes sur ses côtes cette année, doit loger ces milliers de nouveaux arrivants, alors que son réseau d'accueil est en surchauffe (168 000 personnes hébergées, contre 103 000 fin 2015).

Dans la soirée du 25 octobre, les gardes-côtes italiens qui coordonnent les opérations de secours au large de la Libye ont annoncé que 500 personnes avaient été secourues dans la journée lors de quatre opérations distinctes.

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