Moody’s menace d'abaisser la note du Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre tente de calmer le jeu

© Emmanuel Dunand Source: AFP

Alors que les capitalisations boursières ont fondu de 2 000 milliards de dollars depuis l’annonce des résultats du vote sur le Brexit, les bourses redoutent l’arrivée d’une nouvelle crise financière. Mais la Banque d’Angleterre se dit prête à agir.

En guise d'avertissement, l'agence de notation Moody's a dégradé, le 24 juin, la perspective de la note de la dette souveraine britannique actuellement à Aa1 compte tenu des risques qui planent aujourd'hui sur la croissance économique du Royaume-Uni, la faisant passer de «stable» à «négative». Cela signifie concrètement que Moody's pourra, dans un avenir proche, abaisser la note de la dette du pays.

«A long terme, si le Royaume-Uni n’est pas capable de conclure un arrangement commercial alternatif favorable avec l’Union européenne et d’autres pays, les perspectives de croissance du Royaume-Uni seraient nettement plus faibles que ce qui est attendu pour l’instant», assure Moody’s.

De son côté, l’agence Standard and Poor’s a menacé la Grande-Bretagne de lui retirer son triple A.

Officialisée vendredi 24 juin au matin, la décision britannique de quitter l’Union européenne a sonné comme un coup de tonnerre dans les marchés du monde entier. Dans les 24 heures qui ont suivi, pas moins de 2 000 milliards de dollars de capitalisation y ont été perdus.

Face à ces remous, Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, a déclaré que cette dernière était prête à faire «tout ce qu’il faut» pour réduire l’impact du vote du Brexit sur les marchés internationaux, y compris à «débloquer 250 milliards de livres [soit 308 milliards d’euros] de fonds additionnels».

Une réunion entre Mark Carney et d’autres dirigeants de banques centrales est prévue à Bâle le week-end du 25 et 26 juin afin d’aborder les questions économiques soulevées par le Brexit.

Du côté des marchés, Wall Street a clôturé le 24 juin sur un recul marqué de 3,39%, qui semble bien timide en comparaison de l'effondrement de 8,04% qu'a connu la Bourse de Paris et la chute de 6,82% à laquelle les opérateurs ont assisté à Francfort. L’indice londonien s’en est paradoxalement mieux sorti, terminant lui sur une baisse de 3,15%.

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