Le Sénat vote à une majorité écrasante la levée progressive des sanctions contre la Russie

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A l'issue du vote à l'initiative du sénateur Yves Pozzo di Borgo, et après des débats qui ont duré tout l'après-midi, les sénateurs ont décidé d'adopter la résolution visant à renouer le dialogue avec la Russie à 302 voix contre 16.

Bien que la résolution soit non contraignante, l'issue du vote du Sénat est elle, sans appel, les sénateurs ayant voté pour la levée des sanctions contre les parlementaires russes.

L'initiateur de la résolution, le sénateur de Paris Yves Pozzo di Borgo a été le premier à s'exprimer à la tribune en début d'après midi, suivi par ses collègues sénateurs qui ont tour à tour, pesé le pour et le contre.

La France et l'UE ont une vision complétement caricaturée des relations avec la Russie

Aussi, si la question du conflit ukrainien a été au centre des discussions, provoquant de vifs désaccords entre sénateurs, ces derniers ont été très majoritairement d'accord sur le fait qu'une levée des sanctions contre la Russie favoriserait un retour du dialogue avec Moscou «partenaire incontournable de la France et de l'UE sur la scène internationale».

La France et l’UE ont une «vision complétement caricaturée des relations avec la Russie» qui sont de fait, «très tendues», a insisté le sénateur de Paris, premier à s'exprimer à la tribune en début d'après-midi.

Il nous faut parvenir à dénouer la situation ukrainienne et retrouver des relations normales avec la Russie, qui de son côté, doit appliquer les accords de Minsk, conformément à ses engagements.

Pour le sénateur de Paris, renoncer à cette résolution serait «un très mauvais signal pour la suite des discussions sur la situation ukrainienne, les sanctions et contre sanctions».

Il a par ailleurs rappelé que le régime de sanctions tel qu’il est appliqué actuellement avait entraîné des contre-sanctions de la part de la Russie, notamment dans le domaine des importations. Une telle politique nuit selon lui «autant à la Russie, qu’à la France et l’Union européenne».

Au cours de la séance, Yves Pozzo di Borgo s'est également offusqué des propos du sénateur de l'Allier Claude Malhuret, qui, à plusieurs reprises, a laissé entendre que la résolution ouvrait la route à l'impunité d'une «politique internationale russe basée sur la domination et l'impérialisme».

Une vision que l'initiateur de la résolution qualifie de «caricature».

L'indépendance diplomatique de la France en question

Evoquant les sanctions diplomatiques contre des parlementaires russes, le sénateur de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin a déploré que l’Europe et la France s’entêtent à appliquer ces sanctions personnelles contre des parlementaires, ce qui bloque les discussions.

«Lorsqu’on négocie avec un partenaire d’envergure tel que la Russie, nous ne pouvons pas choisir les parlementaires avec lesquels nous menons le dialogue. Nous devons discuter avec les personnes envoyées par le pays avec lequel nous négocions, même si nous sommes en désaccord sur de nombreux points», a affirmé Jean-Pierre Raffarin.

Il a par ailleurs rappelé que la France devait «absolument retrouver son indépendance diplomatique pour être en mesure de mener des discussions sérieuses, prenant en compte les opinions de toutes les parties».

«Une France indépendante au niveau diplomatique doit pouvoir discuter avec tout le monde, avec les Etats-unis, mais aussi avec la Russie, l’Iran et sur des questions sur lesquelles toutes les parties sont divisées. Il n’y a que comme ça qu’un véritable dialogue pourra se mettre en place», a martelé le sénateur de la Vienne.

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La Raison plutôt que l'émotion

Daniel Reiner, sénateur de Meurthe-et-Moselle a considéré qu’une levée des sanctions immédiate serait un signe «de faiblesse» vis-à-vis de la Russie et un «très mauvais message aux partenaires de la France et de l’UE en Europe de l’est».

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«Je suis très méfiante vis-à-vis de mesures punitives dictées sur le coup de l’émotion et non de la raison», a répondu la sénatrice des Français de l'étranger Joëlle Garrot Maylam, après avoir martelé que la réunification de la Crimée avec la Russie était «tout de même inacceptable».

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Elle a par ailleurs rappelé qu'un maintien des sanctions nuirait énormément à la France étant donné que le régime de sanctions a entraîné des contre-sanctions de la part de la Russie, portant ainsi gravement atteinte aux agriculteurs français et européens. «900 000 emplois perdus en Europe, un dommage énorme pour l'UE», a souligné Joëlle Garrot Maylam.

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