L’inflation et la baisse du pouvoir d’achat déclenchent une vague de grèves au Royaume-Uni

- Avec AFP

L’inflation et la baisse du pouvoir d’achat déclenchent une vague de grèves au Royaume-Uni© Frank Augstein Source: AP
Un membre du RMT, syndicat britannique du rail et du transport maritime sur un piquet de grève à la gare de Waterloo à Londres (illustration).
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Cheminots, postiers, dockers : le Royaume-Uni connaît ses pires grèves depuis des décennies avec une nouvelle salve qui démarre cette semaine pour de meilleurs salaires face à l'inflation qui flambe et un pouvoir d'achat en chute.

Les 18 et 19 août, des dizaines de milliers d'employés des chemins de fer britanniques sont appelés à cesser le travail par les syndicats RMT, TSSA et Unite. Nouvel épisode de la plus grosse grève en 30 ans dans le secteur, entamée fin juin. Network Rail, le gestionnaire public du réseau, a prévenu que seul un train sur cinq circulerait, appelant les Britanniques à ne voyager «que si cela est absolument nécessaire». Le 19 août, l'ensemble du réseau de transport de Londres sera quasi paralysé et restera très perturbé pendant tout le week-end.

Le 21, ce sont les dockers du port de Felixstowe (est de l'Angleterre) – le plus gros pour le fret dans le pays – qui démarrent une grève de huit jours, menaçant de mettre à l'arrêt une grande partie du trafic de marchandises du pays. Partout le mot d'ordre est le même : les employés réclament des hausses de salaires en phase avec l'inflation, qui a atteint en juillet 10,1% sur un an au Royaume-Uni et pourrait dépasser 13% en octobre, selon les prévisions de la Banque d'Angleterre.

Sharon Graham, secrétaire générale du syndicat Unite, l'un des principaux du pays souligne dans un communiqué que le pouvoir d'achat est grignoté par les hausses de prix à une vitesse record, ce qui, selon elle, «démontre le besoin vital [...] de défendre la valeur de la rémunération des travailleurs».

Postes et télécoms en grève

A l'appel du syndicat sectoriel CWU, plus de 115 000 postiers britanniques ont de leur côté prévu quatre jours de débrayage entre fin août et début septembre, et quelque 40 000 employés de l'opérateur de télécoms BT poursuivront leur première grève en 35 ans. Et des actions sont prévues, ou ont eu lieu, dans les entrepôts d'Amazon, chez les avocats pénalistes ou parmi les éboueurs.

Le 16, le syndicat patronal CBI a affirmé dans un communiqué que les employeurs faisaient leur possible «pour aider leur personnel à traverser cette période», mais selon CBU «une large majorité ne peut se permettre d'augmenter suffisamment les salaires pour suivre l'inflation».

Certaines grèves ont pourtant été récemment évitées à la dernière minute, après des offres de rémunération jugées satisfaisantes. C'est le cas de salariés d'une entreprise de ravitaillement en carburant à l'aéroport d'Heathrow, qui menaçaient de perturber le trafic et ont finalement renoncé à débrayer. Ainsi, une partie du personnel au sol de British Airways, qui demandait au minimum le rétablissement de salaires amputés de 10% pendant la pandémie, a mis fin à la grève après avoir obtenu une hausse de 13%.

Des intérimaires pour remplacer les grévistes

Toutefois les cheminots poursuivent, eux, leur mouvement ce 18 août parce que les négociations avec la multitude d'opérateurs privés du secteur sont dans l'impasse. Ils ont aussi rejeté une offre salariale de Network Rail conditionnée à des licenciements massifs. Le ministre des Transports, Grant Shapps, qui a refusé de s'impliquer directement dans les discussions, est pointé du doigt par les organisations, accusé de ne pas donner de mandat suffisant aux entreprises pour négocier.

Autre motif de colère syndicale : le gouvernement vient de modifier la loi afin de permettre le recours à des intérimaires pour remplacer les grévistes. Le célèbre grand magasin de luxe londonien Harrods a été «le premier employeur à menacer son personnel» de faire usage de cette loi, alors que certains employés votent actuellement une éventuelle grève, selon Unite.

Les mouvements pourraient durer au-delà de l'été, et aussi s'étendre aux fonctionnaires de l'enseignement ou encore de la santé, où le syndicat a rejeté des offres salariales jugées «misérables» de 4%.

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