Soudan : fin de l’état d’urgence à Khartoum après plus de deux ans de régime d’exception
© Marwan Ali Source: APLes autorités soudanaises ont annoncé, le 27 août, la levée de l’état d’urgence à Khartoum, en vigueur depuis plus de deux ans, dans une nouvelle étape de normalisation de la capitale reprise en mars 2025. Le couvre-feu est levé, mais les contrôles de sécurité restent maintenus et les infrastructures essentielles demeurent fortement dégradées.
Après plus de trois années de guerre, Khartoum amorce progressivement un retour à la normale. Le Comité de sécurité de l’État de Khartoum a annoncé, le 27 août, la fin de l’état d’urgence instauré dans la capitale depuis plus de deux ans.
Cette décision entraîne notamment la levée du couvre-feu. Les habitants peuvent désormais circuler librement et travailler à toute heure. Les autorités demandent toutefois aux résidents de conserver leurs documents d’identité avec eux, alors que des patrouilles et des points de contrôle restent en place dans la ville.
L’accès à la capitale demeure par ailleurs restreint pour les étrangers voyageant en bus, en train ou dans des véhicules privés. Ils doivent disposer des autorisations nécessaires pour y entrer.
Une normalisation encore fragile
La levée de l’état d’urgence survient dans le prolongement des mesures prises par les autorités depuis que l’armée soudanaise a repris le contrôle de Khartoum en mars 2025. Le gouvernement est revenu dans la capitale en janvier et l’aéroport a rouvert en avril.
Mais la situation reste très éloignée d’un retour à la normale. « C’est une bonne nouvelle, mais on est encore loin de vivre normalement », estime un militant des comités de résistance, interrogé à Khartoum, en rappelant l’ampleur des destructions qui affectent toujours les infrastructures de la capitale.
Selon les Nations unies, près de trois millions de personnes déplacées ont regagné Khartoum. Leur retour se fait toutefois dans des conditions difficiles, avec des besoins importants en matière de services essentiels.
L’accès à l’électricité reste notamment problématique. En juillet, le ministère soudanais de l’Énergie reconnaissait que certains quartiers de la capitale subissaient des délestages pouvant atteindre 18 heures par jour.
Plus de 12 millions de déplacés
La guerre au Soudan, déclenchée en avril 2023 par les affrontements entre l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », a provoqué une catastrophe humanitaire majeure.
Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, selon les acteurs humanitaires, et contraint plus de 12 millions de Soudanais à fuir leur domicile. Les Nations unies considèrent la situation au Soudan comme l’une des crises humanitaires les plus graves au monde.