Le Gabon mettra fin aux exportations de manganèse brut en 2029
© RSLe Gabon a annoncé qu’il mettra fin à l’exportation de manganèse brut à partir du 1er janvier 2029. Cette décision marque un virage stratégique visant à développer la transformation locale, renforcer la souveraineté économique et accroître les retombées industrielles du secteur minier.
Le Gabon a officialisé une réforme majeure de sa politique minière en décidant de stopper, à l’horizon 2029, l’exportation de minerai brut de manganèse. L’objectif affiché est clair : passer d’un modèle essentiellement extractif à une stratégie industrielle centrée sur la transformation locale des ressources et la création de valeur sur le territoire national.
Le pays dispose de l’un des gisements de manganèse les plus importants et les plus qualitatifs au monde. En 2024, la production a atteint près de 10 millions de tonnes, plaçant le Gabon parmi les principaux producteurs mondiaux. Pourtant, près de 98 % de cette production est encore exportée à l’état brut, ce qui limite les retombées économiques directes pour le pays.
Malgré un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 1,5 milliard de dollars, la contribution du manganèse à l’économie nationale reste relativement modeste, représentant environ 3 % du produit intérieur brut et quelque 2 500 emplois directs. Un déséquilibre que les autorités souhaitent corriger en favorisant la transformation locale du minerai.
Sécuriser une ressource stratégique
Pour les décideurs, cette orientation s’inscrit dans un contexte international marqué par la sécurisation des ressources stratégiques, la transition énergétique et la réindustrialisation. « C’est une décision de souveraineté économique assumée », souligne le député Rodrigue Bokoko, qui estime que le modèle actuel, fondé sur l’exportation de matière première, n’est plus soutenable à long terme.
Les autorités assurent toutefois que la transition sera progressive. La stratégie repose sur le développement de capacités énergétiques suffisantes, le renforcement des infrastructures industrielles et logistiques, ainsi que la mise en place d’un cadre réglementaire stable pour attirer les investisseurs.