Ghana : des migrants expulsés par les États-Unis renvoyés de force vers leur pays d’origine

Ghana : des migrants expulsés par les États-Unis renvoyés de force vers leur pays d’origine© RS
Rabbiatu Kuyateh fait partie de plus de 30 ressortissants de pays tiers expulsés par les États-Unis vers le Ghana en 2025. [Photo d’illustration]
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Plusieurs migrants africains expulsés par les États-Unis vers le Ghana ont ensuite été renvoyés de force dans leurs pays d’origine, malgré des protections judiciaires américaines. L’affaire soulève des inquiétudes quant au respect des droits des migrants et à la pratique controversée des «third-country removals».

Dans un article publié le 16 janvier, Reuters révèle que des migrants originaires d’Afrique avaient été rapatriés au Ghana avant d’être renvoyés de force vers leurs pays d’origine, en dépit des protections dont ils bénéficiaient à la suite de décisions de la justice américaine.

Le cas de Rabbiatu Kuyateh (58 ans), qui avait vécu près de 30 ans dans le Maryland avant d’être arrêtée par des agents de l’ICE, illustre la situation. Originaire de Sierra Leone, elle avait obtenu en juillet une protection aux États-Unis contre son renvoi, craignant des persécutions liées aux activités politiques de son père. Pourtant, le 5 novembre, elle a été envoyée au Ghana, où elle a été détenue six jours avant d’être renvoyée dans son pays d’origine, un traitement filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux.

Selon des avocats américains et africains, au moins 22 migrants bénéficiant de protections aux États-Unis ont néanmoins été expulsés via le Ghana et la Guinée équatoriale, souvent sans possibilité de recours. Ces expulsions concernent des ressortissants de plusieurs pays, parmi lesquels des personnes issues de minorités sexuelles ou exposées à des pratiques traditionnelles telles que l’esclavage héréditaire.

Des experts en droits humains dénoncent le recours à des pays tiers pour contourner le principe de non-refoulement, qui interdit le renvoi de personnes vers des pays où elles risquent la torture ou des persécutions. Les autorités américaines affirment agir dans le cadre de la loi, tandis que le Ghana et la Guinée équatoriale n’ont pas précisé leur rôle ni les procédures appliquées.

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