«La coopération eurasiatique doit renforcer le développement de l’intelligence artificielle», déclare Poutine
© RIA NOVOSTI Source: SputnikLe président russe a estimé que la coopération entre les pays eurasiatiques devait jouer un rôle central dans le développement de l’intelligence artificielle. Vladimir Poutine a mis en avant les atouts de la Russie, la création de plateformes technologiques souveraines et le rôle de l’IA dans la modernisation économique de l’espace eurasiatique.
Lors de la séance plénière du Forum économique eurasiatique à Astana, le 28 mai, Vladimir Poutine a présenté l’intelligence artificielle comme une technologie stratégique pour l’avenir de l’Union économique eurasiatique. Le président russe a souligné que l’intégration eurasiatique « apporte un avantage réel à chacun des États membres » et permet aux pouvoirs publics, aux entreprises et à la société civile de définir ensemble de nouvelles initiatives communes.
Au-delà du cadre régional, le chef de l’État russe a insisté sur la place croissante de l’IA dans la course au leadership technologique mondial. Il a affirmé que ces technologies s’imposent comme un facteur majeur de compétitivité globale, de croissance économique et de progrès. Il a ajouté que cette concurrence oppose déjà États et grandes entreprises transnationales.
Les atouts russes dans la course technologique
Dans cette course, Moscou estime disposer de solides arguments. Vladimir Poutine a déclaré que la Russie possède des « avantages concurrentiels » dans l’intelligence artificielle. Il a notamment cité la compréhension des possibilités et des risques liés à ces technologies, le potentiel intellectuel du pays, le développement de l’éducation et la capacité de la science académique russe à relever ces défis.
Le président russe a également mis en avant un autre facteur décisif : l’énergie. Il a rappelé que l’intelligence artificielle exige une consommation massive d’énergie, un domaine dans lequel la Russie bénéficie d’atouts évidents grâce au nucléaire, à l’hydroélectricité et aux sources traditionnelles de production.
À ces ressources s’ajoute la capacité financière. Vladimir Poutine a indiqué que la Russie est en mesure de concentrer les financements nécessaires au développement de l’IA. Cette capacité doit permettre de créer des plateformes souveraines et de réduire la dépendance aux solutions étrangères.
Souveraineté numérique et mutations du travail
L’approche défendue à Astana ne se limite toutefois pas aux capacités nationales. Vladimir Poutine a expliqué que le travail avec les partenaires et amis de la Russie pouvait produire un « résultat colossal » et un « effet commun » dans la création de plateformes souveraines d’intelligence artificielle. Il a également proposé d’organiser en Russie, en 2027, une rencontre de haut niveau consacrée aux modèles souverains d’IA, aux infrastructures de calcul et à l’adaptation des technologies aux besoins locaux.
Le président russe a également abordé les conséquences sociales de cette révolution technologique. Il a averti que des millions de personnes pourraient perdre leur emploi ou devoir changer d’activité, certaines professions pouvant disparaître avec l’arrivée du « cerveau informatique ». Il a précisé que l’IA remplace déjà des employés débutants dans l’automatisation, l’analyse de documents et le code informatique, avant de pouvoir toucher, à terme, le personnel de niveau intermédiaire.
Pour Vladimir Poutine, ces changements sont « irréversibles et inévitables ». Le président russe a appelé à s’y préparer et à les utiliser comme moteur d’une croissance économique accélérée.