Le conflit au Moyen-Orient et l’ordre mondial décortiqués lors de la réunion du Club Valdaï

© Anton Denisov Source: RIA NOVOSTI

Mustafa Barghouti, secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, Richard Burt, ancien ambassadeur américain en Allemagne, et Bassam Abou Abdallah, politologue syrien, ont évoqué des sujets brûlants de l’actualité mondiale à Sotchi.

Mustafa Barghouti, secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne

A mon avis, la Russie poursuit un double-objectif. Premièrement, elle se bat contre Daesh, qui représente une menace pour la région entière. Les autres pays, plus précisément les Etats-Unis, n’ont pas su résoudre ce problème et pour cette raison ils ne devraient pas s’attaquer à ceux qui essayent de donner un coup d’arrêt à la propagation de ce phénomène dangereux, menaçant toute la région.
Deuxièmement, j’espère que l’intervention de la Russie permettra de trouver une solution constructive à la crise syrienne. Une solution qui ne mènera pas à une division ou à un éclatement du pays, mais au contraire, contribuera à la réunification de la Syrie, à l’émergence de la démocratie, au pluralisme dans le système politique, quand tous les partis pourront participer à la reconstruction du pays. Je pense que c’est l’approche la plus réaliste et constructive. Je vois comment la Russie fait ce que les autres ne sont pas parvenus à faire.

Les relations entre la Russie et la Palestine sont très importantes. Premièrement, la question de la Palestine est le problème le plus important au Proche-Orient. On ne peut pas oublier ce problème, surtout maintenant, quand les Palestiniens s’opposent avec une force renouvelée aux violentes oppressions de la part d’Israël. Maintenant la situation s’est radicalement escaladée. On tue des gens innocents, des civils, dans les rues. La Russie a toujours soutenu le droit à la liberté et à l’indépendance de la Palestine. Nous espérons que la Russie jouera un rôle encore plus important dans cette affaire. Je crois que les pays comme la Russie, l’Afrique du Sud, la Chine, évidemment l’Europe, doivent occuper une place plus significative sur la scène politique, car le monopole des Etats-Unis et de leur soi-disant «processus de paix» ne mène à rien. Les Etats-Unis ont toujours soutenu Israël. C’est pour cette raison que je considère que les relations entre la Russie et la Palestine sont aujourd’hui plus importantes que jamais.

Richard Burt, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, conseiller du sénateur Ron Paul pour les questions de politique internationale

Je ne pense pas qu’il soit tout-à-fait juste de dire que depuis la fin de la Guerre froide les Etats-Unis essayent de mettre en place une hégémonie. Demandez à n’importe quel président – Clinton, Bush, Obama – ils vont tous vous répondre qu’ils comprennent que l’influence américaine a ses limites. Aujourd’hui, il ne peut pas y avoir d’hégémonie à échelle mondiale. Je pense que l’idée de suprématie était présente dans la politique américaine, mais à mon avis, cette époque est déjà terminée. Je pense que la Russie doit arrêter de soupçonner les Etats-Unis tout le temps. Et les Etats-Unis doivent se rappeler qu’ils ont besoin d’avoir la Russie en tant que partenaire et non comme adversaire. Dans ce cas, il sera bien plus simple de régler les problèmes.

Bassam Abou Abdallah, politologue (Damas)

Il est important de souligner que les Etats qui ont soutenu les terroristes pendant 4,5 dernières années, ne peuvent plus poursuivre cette politique.

Premièrement, le terrorisme international ne menace pas uniquement la Syrie. Comme l’a remarqué le président Poutine il y a peu de temps, notre pays a dû résister tout seul à la pression terroriste pendant plus de quatre ans – bien sûr que ça ne s’est pas fait sans l’aide de nos alliés, mais au final le peuple syrien a tout de même dû payer un prix très élevé. Si on n’arrête pas ces terroristes en Syrie, le résultat sera la déstabilisation de la région tout entière.

Deuxièmement, le terrorisme international représente une menace pour la sécurité nationale de la Russie, de l’Europe et ainsi de suite. Dès lors, pour le combattre, on a besoin des efforts significatifs de la part de nos Etats voisins, mais également des Etats-Unis et de l’Europe. Probablement, l’évolution de la situation en Syrie joue aussi un rôle. L’opération militaire russe a en grande partie changé le rapport de forces dans le pays et dans toute la région, et à mon avis, la situation va changer sur plusieurs niveaux au cours de quatre mois à venir. Il s’agit non seulement du niveau militaire, mais également politique.

Tout d’abord cela concerne le président Bachar el-Assad, que les Etats-Unis, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar considèrent toujours comme un ennemi. Car ils savent que le président syrien a été élu par son peuple et non nommé par les Etats-Unis, la France, la Turquie, l’Arabie Saoudite ou le Qatar.

Les processus qui se déroulent en Syrie en ce moment sont donc d’une importance stratégique, et la Russie jouera un rôle significatif dans la recherche et la mise en place d’une solution à la crise actuelle.

En tant que citoyen syrien, je considère que toutes les actions de la Fédération russe visent cet objectif.

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