Lydia Guirous est essayiste, membre du bureau politique, ex-porte-parole du parti Les Républicains et auteure du livre : «Assimilation en finir avec ce tabou français», aux Éditions de l’Observatoire.

Pass Sanitaire : naissance d’une société de l’auto-asservissement, par Lydia Guirous

Pass Sanitaire : naissance  d’une société de l’auto-asservissement, par Lydia Guirous Source: Reuters
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Au moment où la France connaît une forte mobilisation contre l'extension du pass sanitaire voulu par le gouvernement, l'essayiste Lydia Guirous livre son opinion sur la crise que traverse la société qu'elle considère comme étant «anthropologique».

Depuis bientôt deux ans le monde s’est arrêté de tourner dans une sacralisation inouïe du principe de précaution sous-tendu par une croyance surréaliste à un nouveau totem, la santé (la vie ?) éternelle… Valeur qui a plongé la population mondiale dans un processus d’auto-asservissement instantané.La crise du Covid-19 est bien plus qu’une crise sanitaire aux conséquences économiques et sociales désastreuses, car finalement elle n’est que le déclencheur d’une crise plus profonde de nature psycho-sociale et anthropologique qui couvait depuis longtemps, notamment dans les sociales-démocraties… Où la liberté semblait tellement acquise qu’elle en était devenue secondaire cédant la place à une forme d’hédonisme égocentrique dont le nouveau Dieu est la médecine. 

Perdues dans le vide idéologique, l’opulence matérielle, les fractures et les peurs civilisationnelles et communautaires, les sociétés contemporaines modernes se sont progressivement enfermées dans le culte du plaisir, de l’apparence et du bien-être individuel. L’obsession du bio, de la chirurgie esthétique et de la minceur depuis quelques années en sont des illustrations. Depuis longtemps nos sociétés ne font plus société et ne sont que l’addition d’égocentrismes plus ou moins retenus. Il ne suffisait que d’une étincelle pour faire éclater l’illusion de société et de vivre ensemble dans laquelle nous vivions. Ce vivre ensemble était pourtant promu à l’extrême par la classe politique pendant des décennies et c’est elle, qui d’un trait de plume à décider de le rayer… Sans que personne ne proteste, dans un effet de sidération et de peur collective aussi absurde qu’inouïe. On pourrait résumer cela simplement : on nous a dit, la liberté c’est fini, et on a dit oui, avec le sourire, caché derrière notre masque !

La crise Covid est fondamentalement une crise anthropologique avec deux grandes cassures voire inversion de valeur : les jeunes doivent protéger au prix de leur liberté les plus vieux (ce qui n'est jamais arrivé dans l'histoire de notre civilisation et sans qu’on leur ait demandé leur avis d’ailleurs, ni aux uns ni aux autres), la liberté doit s’effacer derrière la santé publique et le diktat scientifique au nom du fantasme d’une santé collective absolue. Dès lors nous avons dit adieu sans sourciller à la liberté d'entreprendre, la liberté d’aller et venir, la liberté de culte… Dans un silence assourdissant pour ne pas dire complice, nous rendant esclaves volontaires des Etats coercitifs qui tirent des bords entre principe de précaution, responsabilité pénale et enquête de popularité.

Plus que jamais il est urgent de relire les travaux fondamentaux de Pierre Clastres et notamment La société contre l’Etat et de retrouver la distance nécessaire face à des Etats tout puissants, deus ex-machina ivres de publications scientifiques, contradictoires et incertaines pourtant. Aujourd’hui, il faut stopper cette machine folle liberticide dans laquelle nous avons été les esclaves volontaires et retrouver le bon sens des Indiens Guayaki face aux dérives d'une centralisation excessive du pouvoir. La crise Covid est une crise anthropologique majeure contre laquelle il faut réagir rapidement et collectivement pour ne pas devenir des îlots de familles apeurées et contrôlées, incapables de faire société, par peur de la mort. Finalement, je préférais le «il est interdit d’interdire», au nouveau monde dont l’adage semble être «il est interdit de ne pas interdire».

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