Si les Russes interviennent en Syrie, c’est qu’«une ligne rouge non définie a été franchie»

Source: RIA NOVOSTI

L’ancien chef de l’Agence du renseignement américain, Michael Flynn, a confié à RT que pour le moment il n’existait pas, à sa connaissance, de «mouvement politique cohérent et solide» capable de diriger la Syrie.

RT : Malgré les frappes américaines, Daesh est parvenu à s’emparer de nouveaux territoires importants. Pourquoi, d’après vous, la Russie a-t-elle décidé, elle aussi, de bombarder ce groupe terroriste ?

Michael Flynn (M.F.): Je suis persuadé qu’une ligne rouge non définie explicitement a été franchie. Je pense que nous, les Américains, devons comprendre que la Russie a aussi une politique étrangère qui lui est propre, que la Russie a une stratégie pour assurer sa sécurité nationale. Et je pense que nous ne sommes pas parvenus à comprendre ce que ça implique pour la Russie de garantir l’ordre au plan international ou dans son propre pays. Je pense donc que des lignes rouges non définies explicitement ont été franchies et qu’elles sont constituées par l’importance et le nombre des islamistes radicaux qui ont quitté la Fédération de Russie pour combattre en Syrie, ainsi que par l’effondrement potentiel d’un pays avec lequel la Russie a des liens évidents.

RT : En tant que militaire, pensez-vous que l’intervention russe pourrait faire évoluer une situation qui ne progresse plus depuis de longs mois ?

M.F. : Notre stratégie [américaine] n’est pas cohérente et n’est pas claire. Je suis d’avis que la Russie et les Etats-Unis doivent travailler ensemble sur ce dossier. Je crois qu’une coalition internationale doit être formée. Si la Russie et les Etats-Unis travaillent ensemble, pas seulement au plan diplomatique mais également à un niveau militaire, et que ces deux pays invitent leurs partenaires dans la région à travailler avec eux, je crois alors qu’il serait possible de trouver d’autres solutions.

RT : Il y a une année, en octobre 2014, le vice-président des Etats-Unis Joe Biden avait déclaré qu’il n’y avait pas des rebelles modérés en Syrie. Mais alors qui le gouvernement américain soutient-il actuellement ?

M.F. : Lorsqu’on parle de former et d’entraîner des forces pour combattre les terroristes, c’est une chose, une question tactique. Ce dont il s’agit vraiment, c’est de savoir s’il y a un mouvement politique cohérent et solide, dont les dirigeants peuvent être respectés dans une réunion internationale et qui puissent diriger la Syrie. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui qui sont ces dirigeants, s’ils existent, si ce sont, comme le vice-président les a décrits, des commerçants qui sont prêts à gouverner. En revanche, je suis sûr que le président el-Assad va devoir partir et je ne suis pas sûr que cela soit si éloigné des positions du président Poutine sur la Syrie.

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