Pour Frédéric Pichon, cette enquête visant Assad est «le baroud d'honneur» d'une France isolée

Source: Reuters

Le spécialiste de la Syrie, Frédéric Pichon, analyse pour RT l'ouverture de cette enquête préliminaire pour crime contre l'Humanité visant le président el-Assad. Il décrit un baroud d'honneur d'une France isolée et incapable d'apporter une solution.

RT France: Selon vous cette enquête ouverte en France pour crime contre l'Humanité visant Bachar el-Assad doit-elle beaucoup hasard ?

Frédéric Pichon: Evidemment non. La coïncidence qui fait que la justice française se saisit de ce dossier pendant la 70ème Assemblée générale de l'ONU a vraiment de quoi troubler. Mais Pour moi, c'est un baroud d'honneur. La France n'a pas su apporter de solution depuis le début du conflit syrien, et par conséquent elle s'isole en s'appuyant une fois de plus sur le registre de la morale et de l'émotion, des sentiments qui ne font pas une politique étrangère selon moi.

Au passage, notez tout de même que la France qui s'enorgueillit d'avoir porté les lumières et les principes de la démocratie dans le monde entier sait les violer lorsque cela s'arrange ! Car nous avons ici l'exemple même d'une collusion entre l'exécutif et le judiciaire qui sont censés être séparés, selon Montesquieu...

Pour moi, il s'agit juste de donner des gages à notre allié saoudien qui s'inquiète vraiment du lâchage des Etats-Unis.

RT France: Comment expliquer le revirement de François Hollande devant l'AGNU, sa fermeté soudaine vis-à-vis de Bachar el-Assad ?

Frédéric Pichon: Je crois qu'en réalité il ne faut pas accorder trop d'importance à la prestation de François Hollande devant l'ONU. En fait, au sein même de son gouvernement certains penchent, et au sein des services de renseignement, pour une solution pragmatique qui laisse la question du président syrien de côté. Aussi cette posture française [ndlr: le durcissement du ton de la France à New-York] a surtout été une manière de donner le change à nos alliés saoudiens. C'est quand même incroyable de voir que les deux seuls pays qui ont tenu ce langage à l'ONU sont la France et l'Arabie Saoudite. L'Arabie Saoudite dès le lendemain a dit «il faut que Assad parte, si ce n'est pas par la négociation, ce sera militairement, etc...». Pour moi, il s'agit juste de donner des gages à notre allié saoudien qui s'inquiète vraiment du lâchage des Etats-Unis.

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