Crise de Calais : «Simplement refouler les migrants n’est pas une solution durable»

Les migrants passent près d'une autoroute près du site de l'Eurotunnel, en France Source: Reuters
Les migrants passent près d'une autoroute près du site de l'Eurotunnel, en France

L’ancien vice-président du Conseil européen pour les réfugiés et les exilés Keith Best estime que les autorités britanniques et françaises peuvent coopérer de manière plus fructueuse afin de régler la crise de Calais.

«La situation évolue vers une crise majeure, et les autorités françaises et britanniques doivent coordonner leurs activités et adopter une approche commune à ce problème», a estimé Keith Best dans une interview à RT, sur fond de perturbations majeures qui secouent le site sensible du tunnel sous la Manche.

Les mesures déjà mis en place ne sont pas suffisantes, et des mesures plus constructives pourraient être entreprises des deux côtés de la Manche, croit M. Best. Ayant rappelé que les officiers d’immigration britanniques sont présent sur le sol français dans le cadre du système connu sous le nom des «bureaux à contrôles nationaux juxtaposés», où les responsables du Royaume-Uni peuvent contrôler les immigrants avant qu’ils ne quittent le territoire français, il a proposé d’élargir cette coopération, en installant un traitement conjoint des requêtes des demandeurs d’asiles par la France et la Grande-Bretagne, «afin de s’assurer que ceux qui ont un intérêt légitime à solliciter l’asile au Royaume-Uni puissent y entrer en toute sécurité sans prendre le risque de traverser le tunnel».

Mais la crise de Calais n’est qu’un élément de la situation migratoire extrêmement compliquée dans laquelle est plongée l’Europe, a poursuivi Keith Best. «On se rappelle de la situation à Vintimille, où les autorités françaises et italiennes se sont rejetés les migrants tour à tour, refusant de les accueillir», a raconté l’ancien responsable. «Toute cette idée de se renvoyer les migrants à tour de rôle n’est vraiment par une solution efficace», a-t-il encore dit, en citant le concept de «migration circulaire», qui suggère que refouler les demandeurs d’asile sans leur proposer d’alternative ne résout pas le problème.

«Le problème de ces individus n’est pas résolu de façon permanente, parce qu’il y a une forte probabilité qu’ils essaient à nouveau», a rappelé Best.

La réponse, selon l’ancien vice-président du Conseil pour les réfugiés, ne peut être que globale, émanant de tous les pays de l’Union européenne dans un souci de renforcement de la coopération dans ce domaine. Cependant, les racines de la crise sont bien plus profondes, pour Keith Best.

«Franchement, il faudrait essayer de prévenir ce conflit à l’origine, essayer de maitriser le flux de réfugiés de sorte qu’ils n’ont pas besoin de quitter leurs pays», a conclu Keith Best. «Malheureusement, j’ai peur que les pays de l’Union européenne ont lamentablement échoué sur ce sujet», a regretté l’homme politique.

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