«La guerre numérique rappelle l’histoire de David et Goliath»

Photo de Kacper Pempel Source: Reuters
Photo de Kacper Pempel

Alors que Berlin s’apprête à redéployer une partie des capacités offensives de la Bundeswehr sur la Toile, l’ancien agent du MI5, Annie Machon, croit que l’on sous-estime l’importance des armes cybernétiques.

RT : Il semble que l’Allemagne se concentre sur l’attaque ainsi que sur la défense.  Qui sera la prochaine cible de ses cyber attaques ? Et quand faut-il les attendre ?

Annie Machon : Qui va déclencher une attaque avec des armes cybernétiques et quand ? Et quel est actuellement l’ennemi ? Ce sont des questions intéressantes. On sait, grâce aux révélations de Snowden, que l’Allemagne a été attaquée elle-même, de manière agressive, par la NSA et le GCHQ, c’est-à-dire par ses soi-disant alliés. Aussi, quelle est la nouvelle cible et pourquoi l’armée et le BND sont-ils impliqués ? Autant de questions qui n’ont pas encore de réponse.

RT : Est-ce qu’on peut déjà prévoir le genre des armes du futur ? 

Annie Machon : Je crois que les armes principales des conflits modernes ne sont plus les chars ou les avions, mais les armes cybernétiques. L’Allemagne pourrait coopérer avec la NSA pour aborder cette guerre d’un nouveau genre. Mais c’est difficile de le prédire avec certitude. 

RT : La défense est aussi un élément important du plan de sécurité numérique 2016.  Quels types d’armes ont le plus d’importance ? Les armes conventionnelles ou les armes numériques ?

Annie Machon : Je pense que les deux auront leurs rôles à jouer. Pourtant, je crois que la plupart des responsables minorent le rôle et les limites des armes numériques. L’infrastructure de tous les pays est aujourd’hui contrôlée par Internet, par des ordinateurs. Je parle notamment des centrales électriques, des signaux de signalisation, des trains, des banques, du cryptage etc. Tout dépend des questions cybernétiques. 

Si on retourne des armes cybernétiques contre les infrastructures d’un Etat, il peut s’effondrer en quelques jours. Si les niveaux de contrôle de base sont négligés, la société entière peut être touchée très rapidement. Je pense que c’est un moyen très efficace de déclencher une offensive numérique. Et une fois que c’est fait, on en revient aux méthodes conventionnelles.  

RT : Est-ce que nous sommes au seuil d’une époque où les armes conventionnelles ne seront utilisées qu’en complément des armes numériques ?

Annie Machon : A mon avis, les hackers sont déjà à l’œuvre pour utiliser des armes de ce genre.  On l’a déjà vu il y a quelques semaines, lorsque des missiles allemands ont été piratés en Turquie, car ces missiles avaient été conçus aux Etats-Unis et sont manœuvrés par un logiciel américain qui est bien sûr vulnérable. Cette guerre numérique asymétrique rappelle l’histoire de David et Goliath.  

Il est évident qu’elle commencera très prochainement. Ces moyens offensifs nouveaux ne seront peut-être pas utilisés par des groupes de hackers, mais par de petits pays qui n’ont pas les moyens de se battre avec des armes conventionnelles. Je crois que cette guerre asymétrique sera prédominante dans un futur proche.    

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales