Attentat en Turquie : Daesh a délibérément ciblé le centre culturel qui vise à reconstruire Kobané

Un soldat turc à la frontière syrienne
Un soldat turc à la frontière syrienne

D’après Shwan Zulal, analyste des risques politiques pour le Moyen-Orient, ce sont les frontières trop perméables qui sont à l’origine de l’attaque «terroriste» perpétrée par Daesh en Turquie qui a fait au moins 31 morts, et une centaine de blessés.

RT : Le ministère de l’Intérieur, à son tour, a reconnu «un acte terroriste». Que pensez-vous de cette explosion ?

Shwan Zulal : C’est exactement ça. Il s’agit apparemment d’un attentat suicide perpétré par une femme, qui a déclenché sa bombe une fois à l’intérieur du centre culturel. Ce centre est en fait assez symbolique parce qu’il organise des expéditions qui visent à reconstruire la ville syrienne de Kobané. Et il est dirigé par la municipalité contrôlée par le Parti démocratique des peuples (HDP), issu de l'indépendantisme kurde, qui a obtenu 10% des voix lors des dernières élections en Turquie.

Ainsi, l’instabilité dans cette zone de Turquie en particulier dans le sud du pays, principalement dans les zones kurdes n’est pas rare. Nous constatons de nombreuses attaques et explosions perpétrés par différents groupes, y compris par l’Etat islamique.

RT : Il y avait beaucoup de jeunes gens, des travailleurs humanitaires dans ce centre à Suruç, croyez-vous que cette cible a été délibérément choisie ?

Shwan Zulal : Oui, c’est vrai, c’est très symbolique parce que là se trouvaient les gens qui pensent à la façon dont ils vont reconstruire Kobané. J’ai entendu dire que des gens venant de différentes parties kurdes d’Irak par exemple, se sont portés volontaires pour tenter d’inventer un plan pour reconstruire Kobané. Comme on le sait, 88% de la ville a été détruite suite à l’offensive de Daesh l’année dernière.

C’est pourquoi c’est symbolique. Comme nous l’avons vu il y a quelques semaines, l’Etat islamique a essayé de pénétrer de nouveau dans la ville, de 100 à 150 combattants sont venus et ont tué hommes, femmes et enfants. Plus de 150 de civils ont péri, par la violence des djihadistes. Ainsi, ce n’est pas étonnant. Et il est à noter que la même explosion est arrivée il y a un mois, mais a eu lieu de l’autre côté de la frontière syrienne.

RT : Mais à quel point ces frontières sont sures, surtout dans cette zone ?

Shwan Zulal : Les frontières sont très perméables, comme nous l’avons vu au cours des trois dernières années, parce que Daesh ou d’autres groupes ont été capables de passer de la Syrie à la Turquie.

Mais l’attaque la plus récente démontre à quel point ces frontières sont vulnérables. Et ce, bien que la Turquie vient de commencer à travailler sur le problème de Daesh, le gouvernement a récemment commencé à arrêter des gens et des organisations turques qui versent des fonds et aident les islamistes. Et cela souligne à quel point la situation peut rapidement devenir hors de contrôle. Si Daesh décide de faire de la Turquie un objectif, nous constaterons de plus en plus d’explosions et d’instabilité dans cette partie du pays.

Comme je l’ai dit, au cours de ces dernières semaines, nous avons vu un nombre croissant de ces attaques au Sud et au Sud-Est de la Turquie, où la population kurde se trouve. Et à cause des dernières élections de juin, il n’y a pas encore de gouvernement dans le pays. Ainsi, il y a beaucoup de spéculations où tous peuvent profiter de l’instabilité, des divisions dans la communauté.

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