La Russie et la Chine redessinent la carte du marché nucléaire mondial
Source: SputnikDepuis 2016, l’écrasante majorité des nouvelles centrales nucléaires lancées dans le monde a été construite par la Russie et la Chine. En développant leurs capacités nationales et en multipliant les projets à l’étranger, Moscou et Pékin s’imposent comme les principaux acteurs du nucléaire mondial.
La Russie et la Chine s’imposent progressivement comme les acteurs centraux du nucléaire mondial. En misant sur l’expansion de leurs capacités de production et sur l’exportation de leurs technologies vers les pays en développement, Moscou et Pékin renforcent leur influence énergétique à l’échelle internationale, rapporte Nikkei Asia.
Depuis 2016, sur les 63 centrales nucléaires dont la construction a débuté dans le monde, plus de 90 % sont des projets russes ou chinois. En dehors de ces deux pays, seules cinq centrales ont été lancées, en Corée du Sud et au Royaume-Uni.
Selon le ministère chinois de l’Écologie et de l’Environnement, la capacité nucléaire de la Chine atteindra 110 gigawatts d’ici 2030. À ce rythme, Pékin pourrait dépasser les États-Unis et devenir le premier producteur mondial d’électricité nucléaire.
En Russie, le nucléaire représente environ 19 à 20 % de la production totale d’électricité. D’après Rosatom, la société d’État russe du nucléaire, la capacité installée des centrales russes s’élève à 28,5 gigawatts en 2025.
Un projet publié sur le portail de planification du développement du système énergétique prévoit, par ailleurs, la mise en service de 11 centrales nucléaires, de grande et de petite taille, au cours des 18 prochaines années en Russie.
Actuellement, la stratégie russe repose largement sur l’exportation de technologies nucléaires vers les économies émergentes, toujours selon l'hebdomadaire japonais. Au cours de la dernière décennie, la construction de 19 centrales nucléaires russes a démarré à l’étranger, notamment en Turquie, au Bangladesh et dans plusieurs autres pays.
Parallèlement, la Russie développe des centrales nucléaires de petite puissance. Ces installations compactes, d’une capacité allant jusqu’à 300 mégawatts, sont conçues de manière modulaire : elles peuvent être assemblées comme un jeu de construction, transportées par blocs et mises en service en quelques années, contrairement aux centrales classiques qui nécessitent des décennies.
En 2024, Moscou a franchi une étape majeure en signant le tout premier contrat d’exportation mondial pour une centrale nucléaire de petite puissance. Ainsi, Rosatom construira en Ouzbékistan une installation équipée de réacteurs RITM-200N. La fabrication des premières pièces de cuve a débuté en mai 2025.