Mouvement du 14 Juillet : «Les Français sont en droit d'exiger un gouvernement légitime»

Dessous du 14 juillet
Dessous du 14 juillet

Après les événements du 14 juillet durant lesquels plusieurs centaines de personnes qui avaient répondu à l'appel du «Conseil National de Transition» ont été arrêtées, RT s'est entretenu avec Eric Fiorile, principal porte-parole du mouvement.

Interrogé par RT France, Eric Fiorile, principal porte-parole du mouvement du 14 juillet qui prévoyait de «reprendre les rênes du pouvoir, les ministères et l'Elysée», le jour de la fête nationale et appelait les militaires à «servir le peuple de France» cessant d'être des «mercenaires au service de la mafia qui a usurpé le pouvoir» est revenu sur le but de son projet de Conseil National de Transition et sur les débordements qui ont eu lieu en marge du défilé miltaire. Il se défend notamment de toute tentative de coup d'Etat ou d'appel à la violence et évoque une situation «totalitaire» et «terrible». Tandis que beaucoup parlent de «flop», Eric Fiorile évoque plutôt une «réussite».

RT : En quoi consistait finalement l'essence de votre action ? Vous ne pensiez tout de même pas qu'un véritable coup d'Etat aurait lieu ? 

Eric Fiorile : Nous n'avons jamais parlé de coup d'Etat. Ce terme a été employé à tout-va par les médias. Un coup d'Etat consiste à remplacer un gouvernement par un autre. Nous avons bien établi de façon factuelle que le gouvernement actuel était illégitime au regard de la constitution française et nous avons utilisé le cadre juridique international qui permet de palier à ce genre de situation par la création d'un Conseil National de Transition. Cette entité juridique existe depuis sa mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008. Il existe donc bien un cadre légal pour se substituer à une entité qui gouverne la France de manière illégitime. Maintenant, il faut que tous les Français sachent qu'un tel cadre existe, qu'ils le connaissent, puissent analyser ses fondements juridiques, son mode d'existence et sa mission. Les citoyens français sont en droit d'exiger un gouvernement légitime comme dans la plupart des pays du monde. 

RT : Il s'agissaît donc d'une opération de communication par rapport aux idées que vous souhaitez transmettre ? 

Eric Fiorile : Tout à fait, il faut permettre aux gens d'examiner les choses eux-mêmes et que chacun puisse approfondir les idées que nous exposons à travers les différents sites web et décider ou non de s'y rallier. En aucun cas nous ne proposons un gouvernement de substitution. Nous proposons une formule de transition qui garantit qu'en France il n'y aura aucune forme de trouble économique ou institutionnel, et que le calme sera établi durant cette période durant laquelle les français choisirons leur mode de gouvernance. Il faut que chacun puisse examiner librement la situation et faire ses propres choix. C'est pour cela aussi que nous n'avons pas de meneur, nous sommes une centaine de personnes et nous avons réussi à nous organiser et discuter ensemble. 

RT : L'expression «coup d'Etat» reste forte, voire violente. Pensez vous aux possibles poursuites judiciaires en tant qu'un des portes-parole du mouvement ?  

Eric Fiorile : De quelles poursuites judiciaires parle-t-on et de quel droit ? Un gouvernement illégitime n'a pas le droit de procéder à quelque poursuite judiciaire que ce soit. Le 14 juillet est une fête citoyenne, tous les citoyens ont le droit de se rassembler par amour de leur pays sans que cela soit considéré comme une Rave party par quelques personnes au gouvernement. Le défilé est quasiment privatisé par le gouvernement, les militaires sont méprisés, tout rapport avec le peuple pour eux est écarté. Pour nous, il s'agissait d'un rassemblement profitant de l'opération du défilé qui doit être une fête à laquelle tous les citoyens doivent avoir le droit de prendre part. 

RT : Il y a pourtant eu des débordements...

Eric Fiorile : Oui, il y en a eu, mais ce n'était jamais de notre fait. Nous n'avons appelé à aucune violence. Nous souhaitions que les parisiens nous rejoignent et ouvrent les yeux. A aucun moment nous ne nous sommes dissimulés. Les participants étaient appelés à porter un badge sur lequel était dessiné un rond vert, symbole de paix, tous les noms des membres de notre conseil apparaissent sur notre site. Nous voulions simplement, en tant que citoyens, dénoncer les mensonges du gouvernement en public. Mais ce dernier a donné l'ordre d'arrêter tous ceux qui arboraient un rond vert sous prétexte que c'étaient des terroristes. Les gens étaient arrêtés à même leur sortie du train et parqués dans des camions de police. C'est une situation totalement arbitraire à laquelle nous avons assisté.

RT : Vous vous attendiez donc à une réaction musclée de la police ?

Eric Fiorile : C'était une sorte de test qui nous a permis de nous rendre compte que nous étions réellement dans un état totalitaire. Des centaines de personnes ont été gazées, matraquées et embarquées par la police sans la moindre raison valable, alors qu'ils n'opposaient aucune résistance. Avec la loi sur le renseignement, c'est tout le peuple français qui est désormais épié comme de potentiels criminels. Mais il faut savoir que les forces de l'ordre agissaient très souvent à contre-coeur. A de nombreuses reprises nous avons pu assister à des changements de brigades pour que ceux qui relachaient la pression, ne voulant plus violenter des manifestants assis pacifiquement, soient remplacés le plus vite possible par de nouvelles équipes encore sous adrénaline et violentes. Ceux-là ont commis des bévues. Une jeune fille a notamment été assez gravement blessée. C'est choquant de voir à quel point les militaires et les policiers sont manipulés alors qu'aucun d'entre eux ne veut faire de mal à de simples gens. Parmi les personnes arrêtées et qui sont ressorties de garde à vue, beaucoup ont témoigné de l'effarement des policiers qui disent ne pas comprendre les ordres qu'ils reçoivent. Mais ils n'ont pas le choix, ils ont des familles à nourrir. 

RT : Combien de personnes attendiez vous à ce rassemblement ?

Eric Fiorile : Bien évidemment, nous n'attendions pas une foule immense. Néanmoins nous avons eu plus de monde qu'on imaginait. Nous étions quelques milliers de personnes, dont deux ou trois mille ont été arrêtées par la police. Mais là encore, les chiffres ont été falsifiés par les médias et le gouvernement qui assurent que nous n'étions que deux ou trois cents et qu'une centaine seulement a été embarquée [300 interpellés selon la police NDLR]. Nous avons nous même comptabilisé le nombre de personnes présentes. Elles étaient entre quatre et cinq mille. Beaucoup sont toujours en garde à vue encore aujourd'hui, beaucoup de membres dont les noms figuraient sur notre site ont été déférés devant le tribunal pour des délits fictifs.

RT : Selon vous, ce rassemblement a donc été une réussite ?

Eric Fiorile : Cela donne de l'espoir et montre que le peuple de France veut bien ouvrir les yeux et se réveiller. L'opération a eu un succès non négligeable même si les médias et le gouvernement font tout pour ne pas en parler. En tout cas nous n'allons pas nous arrêter là. Nous comptons organiser d'autres rassemblements. Mais cela ne dépend pas que de moi, nous sommes plusieurs centaines de personnes à discuter à ce sujet. Pour l'instant, je suis abasourdi. 

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