"Nous ne voulons pas que les occidentaux nous dictent quoi faire" affirme le président sud-africain

Le président Zuma prédit un grand avenir à la banque des BRICS.Source: Reuters
Le président Zuma prédit un grand avenir à la banque des BRICS.

Alors que la banque des BRICS devrait voir le jour à la fin de l'année, et que la Grèce envisage de rejoindre l'institution, pour le président sud-africain Jacob Zuma, cette nouvelle banque devrait rebattre les cartes du jeu international.

Le temps est venu pour de nouvelles institutions financières d'être traitées sur un pied d'égalité avec le FMI et la Banque mondiale. En pleine crise en Grèce, voilà ce qu'a estimé le président sud-africain Jacob Zuma au micro de RT. La Nouvelle Banque de développement, banque internationale, créée à la demande des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), constitue en effet, selon le président sud-africain, une "alternative très sérieuse" à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international. Celle-ci devrait être active à la fin de l'année. Et la Grèce pourrait la rejoindre.

L'objectif avoué de cette NDB (New Development Bank), inaugurée en juillet 2014 (et ratifiée par la Chine il y a quelques jours) est d'ailleurs de stopper l'hégémonie de ces deux institutions. « Nous avons ces vieilles banques qui sont établies depuis des années... Le monde a changé, s'est développé », a estimé le président Zuma au micro de RT. « Pendant des années, nous avons demandé une transformation des institutions financières. Nous aurons désormais une banque qui est une alternative. »

Une banque mondiale nouvelle génération, basée à Shangai, permettra dès la fin de l'année aux pays membres des BRICS de financer des infrastructures et d'éviter les chocs financiers entraînés par le FMI et la Banque mondiale. En effet, la NDB, contrairement au FMI, n'assortira pas ses prêts de conditions très contraignantes. Enfin cette banque permettra aux BRICS d'éviter une nouvelle tempête sur leur monnaie comme cela avait été le cas en 2014 suite au changement de politique monétaire américaine et en raison de la toute puissance du dollar. « Ce fonds est un outil très puissant pour prévenir de nouvelles difficultés économiques », avait d'ailleurs salué le président russe, Vladimir Poutine lors de l'inauguration. 

Pour le président Zuma, cette banque voulue de très longue date par les BRICS, souvent mal représentés au sein des organisation de Bretton Woods, offrira une vraie alternative pour les pays en développement. Et devra être traitée d'égale à égale par les occidentaux. « Un des BRICS est la deuxième puissance mondiale. Comment ils pourraient nous dire « on ne traite pas » avec un tel pays ? Je ne pense pas que ce soit possible. »

La banque des BRICS pourrait d'ailleurs attirer de nouveaux pays a affirmé le président Zuma selon qui « de nombreux pays croient en un futur avec notre bloc. » Des pays lassés des exigences du FMI et de la Banque mondiale. « Les institutions monétaires internationales doivent aussi se réformer pour représenter les intérêts des pays en développement. » Car pour le président Zuma, « l'aide occidentale à l'Afrique vient avec des restrictions, des conditions pour nous maintenir dépendants. » Pour se sortir de cette emprise des institutions occidentales, de nombreux pays africains « qui veulent se développer au sein de partenariats équitables » devraient prochainement rejoindre la NDB, selon Jacob Zuma. « On offre une alternative. »

En savoir plus : la Grèce se rapproche de la banque des BRICS

Et cette nouveauté ne se fait pas sans heurt. Selon le président Sud-Africain, la création de cette banque alternative pourrait créer quelques tensions avec les institutions financières traditionnelles. « Nous ne voulons pas que les institutions occidentales nous dictent quoi faire », a ainsi précisé Jacop Zuma au micro de Sophie Shevarnadze. « Les partenaires occidentaux ont leur point de vue sur les BRICS, mais ils nous prennent au sérieux. Bien sûr il peut y avoir aussi de la jalousie. »

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