Activiste grecque : Les créanciers «sauveurs» de la Grèce ne sont plus les bienvenus

Activiste grecque : Les créanciers «sauveurs» de la Grèce ne sont plus les bienvenus
Manifestation en Grèce

L’activiste de Greek Civil Servants Trade Union Despina Koutsoumba, interrogé par RT estime que l’UE et le FMI n’ont jamais agi comme des sauveurs de la Grèce.

RT : Aujourd’hui on observe beaucoup d’agitation parmi les politiciens, indiquant que l’Europe veut renverser le gouvernement actuel en Grèce. Est-ce que c’est réellement ce qui se passe ?

Despina Koutsoumba : Nous ne savons pas, c’est ce que nous supposons parce que nous voyons tous les dirigeants européens dire tant de choses sur le référendum grec comme s’il se tenait dans leur pays. Ils essaient d’intervenir sur notre scène politique et persuader les Grecs de voter en faveur du «oui», et ce n’est pas la démocratie, n’est-ce pas ?

Les leaders de l’Union européenne prennent position dans notre référendum. De plus nous avons vu une interview d’un membre du parlement appartenant au parti de droite Nouvelle Démocratie et qui avait été ministre du gouvernement précédent dans l’hebdomadaire allemand Focus. Avant l’arrêt du programme de renflouement et la fermeture des banques, il a proposé au gouvernement allemand de ne plus donner d’argent à la Grèce pour qu’Athènes soit forcée de fermer les banques, pour que Nouvelle Démocratie puisse s’emparer du pays. Toutes ces choses nous font penser que quelque chose ne vas pas avec la démocratie de l’UE.

RT :Il y a cinq ans, les créanciers étaient considérés comme les sauveurs de la Grèce. Mais, à la veille du référendum, le ministre grec des Finances a qualifié leurs actions de «terrorisme». Comment pouvez-vous commenter ce changement radical de position ?

Despina Koutsoumba : Je n’ai jamais cru que les dirigeants européens étaient nos sauveurs, ils sont venus en 2010 en nous disant que nous avions une dette publique énorme, 120% de notre PIB. Puis ils ont proposé de nous aider en nous prêtant plus d’argent et 5 après, nous avons une dette qui s’élève à 175% de notre PIB, ce qui signifie qu’elle a énormément augmenté.

Et aujourd’hui ils répètent qu’ils vont nous aider en suivant la même politique, mais nous n’avons vu aucune aide dans leurs actions. Nous avons depuis ces cinq dernières années une augmentation du chômage, des sans-abris, une jeunesse désœuvrée, tout un tas de problème où ils ne nous ont pas aidés.

Syriza - une menace pour les créanciers qui veulent renverser Tsipras

Anastasia Giamali, journaliste et soutien de Syriza, a expliqué dans une interview à RT que les créanciers grecs se sont consciemment conduits de façon hostile envers Syriza.

RT : Que pensez-vous de la déclaration suivante de Gregor Gysi, président du Parti de gauche allemand Die Linke : «Les mesures d’austérité soutenues par l’Allemagne et la troïka ont échoué. Mais la Grèce n’est pas la seule à rompre les règles budgétaires de l’UE. Pourquoi est-elle dénigrée alors ? Vous voulez vous débarrasser du gouvernement grec, il ne s’agit que de cela».

Anastasia Giamali : Je suis absolument d’accord avec lui, depuis que Syriza s’est emparé du pouvoir fin janvier, tandis que le nouveau gouvernement fait de son mieux pour parvenir à un bon accord de compromis, les créanciers se sont montrés hostiles, rejetant toutes les propositions du gouvernement. Je crois que c’est parce qu’ils considèrent Syriza et le gouvernement d’extrême gauche comme une menace pour l’Europe néo-libérale.

RT : En quoi la situation va changer après le référendum ?

Anastasia Giamali : Si la Grèce dit «non» à l’accord proposé par les créanciers, le gouvernement grec va retourner à la table des négociations avec une position renforcée afin de trouver une solution pour l’économie grecque, mais dans des conditions humaines en prenant en considération le peuple grec et leur vie.

Pendant ces cinq dernières années, les salaires ont été réduit de 37% et les pensions jusqu’à 47%. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aller plus loin dans l’austérité, la Grèce ne peut plus supporter ce type de mesures.

Ainsi, je trouve normal de dire «non» à un accord qui vise à «imposer des impôts aux pauvres, plus de coupes sociales, augmenter la TVA, privatiser tout et démanteler l’état social, tout du moins le peu qui en reste.

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