Commissaire de l’ONU: le coût humain de l’inaction de la communauté internationale à Gaza est énorme

Commissaire de l’ONU: le coût humain de l’inaction de la communauté internationale à Gaza est énorme
Pierre Krähenbühl, Source : capture d'écran, vidéo RT
Suivez RT France surTelegram

Alors qu’une équipe internationale de militants se dirige vers la bande de Gaza afin de tenter de briser le blocus maritime d’Israël, Pierre Krähenbühl appelle la communauté internationale à trouver une solution politique au conflit.

Dans une interview à RT Pierre Krähenbühl, commissaire général de l’agence de l’ONU en charge des réfugiés palestiniens au Proche-Orient (UNRWA), a répondu aux questions de RT France concernant le danger représenté par le départ de la «Flottille de la Liberté» vers Gaza.

RT France : Comment évaluez-vous la situation actuelle à Gaza ?

Pierre Krähenbühl : Sur un plan humain, la situation à Gaza reste extrêmement problématique et très dramatique parce qu’il y a non seulement les effets de plusieurs années de blocus imposé par Israël sur la population, ce qui fait qu’évidemment vous avez des centaines de milliers de personnes qui dépendent de l’aide humanitaire alors que ce sont des gens qui voudraient travailler, avoir leur emploi, être autosuffisants.

Vous avez, d’autre part, 120 000 personnes qui restent sans abri depuis les destructions du conflit de l’été dernier. En plus de cela, il faut se rappeler que 65% de la population de Gaza a moins de 25 ans. Ce sont des jeunes qui attendent des perspectives mais qui n’en ont pas, qui n’ont pas de liberté de mouvement, qui n’ont pas d’emploi. Ainsi, la situation d’un point de vue humain, est non seulement dramatique mais aussi assez explosive et c’est un enjeu aussi en terme non seulement de dignité et de droit, mais aussi de sécurité et de stabilité dans la région.

RT France : Aujourd’hui, nous voyons deux côtés qui mènent des actions militaires l’un contre l’autre, d’après vous, y-a-t-il une issue à ce cercle vicieux ?

Pierre Krähenbühl : Il faut se rappeler que dans la situation d’Israël et de la Palestine, vous avez une occupation des territoires palestiniens qui dure depuis 50 ans. Et que vous avez un blocus qui est imposé à la situation de Gaza. Il y a aussi des tirs de roquette à partir de Gaza en direction du sud d’Israël et c’est un paramètre qu’il faut évidemment inclure dans l’analyse de la situation.

Mais vous avez en termes de paramètres fondamentaux l’occupation et le blocus et pour effectivement passer à une autre situation, pour éviter qu’il y ait simplement répétition, je suis convaincu qu’il faut maintenant une action de la communauté internationale décisive sur un plan politique. Il faut relancer un processus politique structuré, sans quoi ces conséquences sur les civils vont se poursuivre et se répéter et je ne vois pas d’autre issue que celle-ci.

Il faut vraiment que la communauté internationale se pose la question non pas «est-ce qu’il y a vraiment des chances de relancer un processus politique». Il y avait beaucoup de scepticisme dans la communauté internationale, et le problème de cette attitude attentiste, c’est que entretemps, plus de gens souffrent, le risque de guerre est là en permanence et ce qu’on a vu l’été dernier ne devrait simplement pas être autorisé à se répéter.

RT France : Actuellement, une «Flottille de la Liberté» se dirige vers les côtes de Gaza. A votre avis, va-t-elle atteindre son point de destination ou va-t-elle en être encore une fois empêchée ?

Pierre Krähenbühl : Je ne peux pas spéculer sur cette question, je ne sais pas si elle va avoir des perspectives de succès et je ne connais même pas personnellement les paramètres de cette flottille comparée à celle du passé. Mais ce que je peux dire, dans l’autre sens vous avez une population à Gaza de 1 800 000 personnes, dont la majorité n’a pas quitté la bande de Gaza depuis des années parce que ce n’est pas possible tout simplement.

Il faut créer autre chose et encore une fois cette autre chose peut, à notre avis, être uniquement créée par une action de type politique. L’UNRWA n’a pas de mandat politique. Donc, ce n’est pas à nous de proposer les solutions, mais nous sommes particulièrement bien placés pour savoir quel est le coût humain de l’inaction de la communauté internationale et ça vraiment doit changer maintenant une fois radicalement et je dois dire, cela doit changer pas seulement sur le plan des pays occidentaux et les pays arabes, il est aussi important que la Fédération de Russie fasse entendre sa voix dans cette dynamique et c’est certainement des sujets que je discute régulièrement avec les diplomates et les ministres et vice-ministres sur un plan de la Fédération de Russie.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix