Neil Clark : l’Occident lutte contre les gouvernements séculaires qui résistent aux djihadistes

Neil Clark, journaliste britannique, capture d'écran d'une vidéo de RT
Neil Clark, journaliste britannique, capture d'écran d'une vidéo de RT

Le journaliste britannique Neil Clark évoque le soutien occidental aux groupes terroristes au Moyen-Orient qui luttent contre les gouvernements que l’Occident veut saper. Selon lui, c’est la cause des attentats et de la radicalisation des jeunes.

RT France : Monsieur Clark, à l’époque David Cameron appelait à la coopération après chaque attentat. Est-ce que vous pensez que l’unité  est le point clé ici ou bien il faudrait en faire beaucoup plus ?

Neil Clark : En fait, je pense qu’il faut en faire beaucoup plus, car nous devons changer notre politique extérieure. C’est le même David Cameron qui soutenait les rebelles en Syrie. C’est le même David Cameron qui a encadré les bombardements sur la Libye. Et ce qui s’est passé aujourd’hui c’est la conséquence de la destruction de la Libye par David Cameron et ses alliés de l’OTAN. Nous soutenons des rebelles violents en Syrie afin de saper le gouvernement en place. Il faut réexaminer toute la politique extérieure, elle doit être changée radicalement. Il n’y a pas de doute – la politique extérieure de l’Occident a créé ces problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui.

RT France : Un autre problème – c’est le «terrorisme maison». Comment les pays occidentaux peuvent prévenir la radicalisation de leurs habitants sur leur propre sol ?

Neil Clark : Nous avons déjà vu des documents déclassifiés qui montrent que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont rendu possible l’émergence de Daesh en Syrie - ainsi qu’Al-Qaïda et le Front al-Nosra - pour affaiblir le gouvernement. D’un côté, David Cameron parle de la radicalisation des jeunes musulmans dans les combats aux côtés des djihadistes, de l’autre côté, le même David Cameron soutient les même djihadistes en Syrie, en Libye et au Moyen-Orient.

Qu’est-ce que la politique occidentale a fait pendant les 20 dernières années ? Nous avons ciblé le gouvernement séculaire de la Syrie qui luttait contre Al-Qaïda et les groupes comme le Front al-Nosra. Nous avons changé le régime en Irak, en Libye, et nous sommes en train de vouloir faire la même chose en Syrie. Nous essayons de déposer les gouvernements séculaires qui luttent contre les groupes qui font exploser les touristes aujourd’hui.

Je pense qu’un grand changement doit être fait, il faut changer notre politique extérieure. Bien sûr, la responsabilité directe des attaques effectuées au Koweït, en Tunisie et en France est sur les épaules des terroristes qui les ont réalisées, mais nous devons dire qui a permis ceci, qui a aidé ces terroristes – et je crains que ce soient les gouvernements occidentaux.

RT France : En présence d’une menace telle que Daesh, la communauté internationale doit agir unanimement. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas, surtout dans le cadre de l’isolation de la Russie. Est-ce qu’un front uni pour lutter contre Daesh serait plus efficace ?

Neil Clark : Oui, bien sûr. Sans la Russie, Daesh contrôlerait toute la Syrie maintenant. Rappelez-vous : la Russie et la Chine ont bloqué la résolution que les Britanniques et les Américains voulaient faire adopter – celle de bombarder la Syrie en 2012 comme je me souviens. Ils ont voulu bombarder la Syrie encore une fois, mais le public britannique a résisté. Je pense que nous devons être reconnaissants à la Russie que Daesh n’a pas envahi toute la Syrie. Nous devons travailler avec la Russie qui a toujours lutté contre les groupes djihadistes.

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