Primaire : Hamon ou Valls, «dans les deux cas, le message ne sera pas très positif pour la gauche»

Primaire : Hamon ou Valls, «dans les deux cas, le message ne sera pas très positif pour la gauche»© JOEL SAGET Source: AFP
Benoît Hamon et Manuel Valls.

Soutien d'Arnaud Montebourg, la députée Marie-Françoise Bechtel ne suivra pas l'appel de ralliement à Benoît Hamon. Sans remise en question de l'Europe, les deux candidats finalistes ne peuvent pas, selon elle, espérer rassembler.

RT France : Vous faisiez partie des soutiens d'Arnaud Montebourg mais avez annoncé dès hier soir que vous ne suivrez pas son appel de ralliement derrière Benoît Hamon. Vous expliquez ce choix notamment par la non remise en cause de l'Europe par le candidat. Pourquoi est-ce essentiel pour vous ? 

Marie-Françoise Bechtel (M.-F. B.) : Nous pensons que la France ne peut pas retrouver sa prospérité économique tant qu'elle reste dans la règle des 3% de déficit budgétaire. Il y a d'autre part un problème de souveraineté qui est très ressenti par le peuple français. Tout cela devrait être mis sur la table de manière énergique. Arnaud Montebourg était sur cette voie-là mais il est resté un peu trop discret là dessus. C’est dans tous les cas le contraire de ce que pense Benoît Hamon qui est un candidat complètement dans la main des institutions européennes.

Quant à Manuel Valls, avec lui, on ne sait jamais vraiment mais disons que le passé ne plaide pas dans ce sens.

RT France : Vous avez également critiqué une primaire où «personne n'avait parlé aux Français.» En quoi cette primaire a-t-elle échoué selon vous ?

M.-F. B. : Les Français sont un peuple qui aime se retrouver dans l'unité. C'est un peuple turbulent, très divisé. C'est ce que disait toujours François Mitterrand : «Le Français est un Celte changeant et tumultueux.» Ce qui est vrai mais c'est aussi la raison pour laquelle il a besoin qu'on lui parle de rassemblement et d'unité. Aucun candidat ne l'a fait pendant cette primaire, ni d'ailleurs pendant celle de la droite.

RT France : Aux vues de la mobilisation assez décevante à cette primaire et aux faibles scores du candidat PS dans les sondages, pensez-vous que la candidature du Parti socialiste à l'élection présidentielle ait encore un sens ?

M.-F. B. : Quelque part ce n'est pas mon affaire, je n'appartiens pas au Parti socialiste. Le PS fera ce qu'il croit utile. Néanmoins, je crois que ce qui est à l'ordre du jour, c'est une reconstruction d'un véritable parti du progrès car il est aujourd'hui fracassé et se trompe totalement de chemin.

RT France : Quel candidat voyez-vous l'emporter dimanche prochain ?

M.-F. B. : Si vous regardez l'addition des voix, c'est très tendu et incertain. Les deux candidats sont très proches. Les pronostics n'ont pas d'intérêt dans cette situation. Tout le monde voit bien que cela sera très serré. Mais dans les deux cas, le message ne sera pas très positif pour la gauche.

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